Justice

Gabon : le procès de Magloire Ngambia reporté, la défense demande une recomposition de la Cour

Vue de Libreville au Gabon, ministère des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures (photo d'illustration). © Jacques Torregano pour JA

Censé s'ouvrir le 13 mars au tribunal de Libreville, le procès pour corruption présumée de Magloire Ngambia a finalement été reporté sine die. La défense de l'ancien ministre, absent à l'audience, a demandé une recomposition de la Cour criminelle spéciale suite à des propos de sa présidente.

Visé dans le cadre de l’opération anticorruption Mamba, menée au sommet de l’État, et incarcéré le 10 janvier 2017 à la prison centrale de Libreville, l’ancien ministre Magloire Ngambia était attendu depuis plus de deux ans devant le tribunal. L’audience, finalement fixée au 13 mars, aura tourné court puisque le procès a été reporté, sans qu’une nouvelle date n’ait été fixée. L’ancien ministre est accusé de faits de corruption et de détournement de près de 4 milliards de francs CFA. Il est également attendu de sa part des explications sur certains faits en rapport avec l’affaire Guido Santullo, cet homme d’affaires italien qui réclamait à l’État gabonais plusieurs centaines de millions d’euros d’impayés.

Magloire Ngambia n’était pas présent à l’audience. Selon la défense de cet ancien proche du président Ali Bongo Ondimba, leur client « n’a pas été régulièrement cité », ce qui a justifié, selon elle, cette absence. « C’est la présidente de la Cour criminelle spéciale qui a fait les actes préparatoires de l’audience alors que ceux-ci sont normalement à la charge du parquet général. Notre client n’a pas reçu de demande d’extraction et n’était donc pas présent », a expliqué à Jeune Afrique un de ses avocats. Le parquet général n’étant également pas représenté lors du procès, l’audience a été reportée sine die.


>>> À LIRE – Gabon : qui sont les proies de l’opération Mamba ?


« Forces obscures »

Avant que l’audience ne soit levée, la présidente de la Cour criminelle spéciale (CCS), Paulette Ayo Mba, s’est fendue d’une déclaration polémique, estimant que l’ancien ministre souhaitait échapper à la justice. « J’ai été nommée par décret à la tête de la Cour criminelle spéciale pour rendre justice au nom du peuple gabonais. Mais il se trouve qu’il y a des forces obscures qui s’opposent à ce que les voleurs, ceux qui ont détourné l’argent de la République, ne soient pas jugés, , a-t-elle déclaré. Le peuple et les Gabonais doivent savoir que les gens qui vous font croupir dans la misère à cause de leur vol, ne veulent et pensent qu’ils ne doivent pas être jugés », a ajouté la présidente de la CCS.

Des propos qui ont « violé le principe d’impartialité », selon Me Alicia Ondo, chargée de la défense de Magloire Ngambia aux côtés Me Raymond Obame Sima, de l’avocat sénégalais Mohamed Seydou Diagne et du bâtonnier du Barreau de Paris Pierre-Olivier Sur.

La défense de l’ancien ministre, qui estime ne pas pouvoir poursuivre les audiences dans la configuration actuelle, souhaite récuser la magistrate et assure « mener des démarches en ce sens ».

Après avoir été chargé du portefeuille de l’Économie et des Finances, il avait été propulsé, début 2012, à la tête du puissant ministère de la Promotion des investissements, des Transports, des Travaux publics, de l’Habitat, du Tourisme et de l’Aménagement du territoire. Le tout-puissant ministre était un des proches de Maixent Accrombessi et était même devenu l’un des conseillers du président en 2015, avant d’être pris dans les filets de l’opération anticorruption Mamba, qui vise également d’autres proches de l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, comme l’ex-ministre Étienne Dieudonné Ngoubou.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte