Cinéma

« Meltem », ou quand un réfugié syrien s’invite dans les vacances de trois jeunes banlieusards

Extrait du film Meltem, de Basile Doganis. De droite à gauche, Elena (Daphné Patakia), Nassim (Rabah Naït Oufella) et Sékou (Lamine Cissokho). © YouTube/Bandes Annonces Cinéma

Le film « Meltem », du réalisateur Basile Doganis, est sorti mercredi 13 mars dans les salles de cinéma françaises. Il raconte l'histoire de trois jeunes partis de banlieue parisienne pour des vacances sur l'île grecque de Lesbos, où ils vont rencontrer un jeune réfugié syrien qui va peu à peu faire prendre une autre tournure leur séjour.

Il existe des films dont le sujet principal … n’est pas le sujet principal. Ainsi en est-il de Meltem, le premier long-métrage du Franco-Grec Basile Doganis. Il raconte d’un bout à l’autre les vacances en Grèce, sur l’île de Lesbos, de trois jeunes venus de banlieue parisienne.


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Elena a entrepris ce voyage pour vendre ce qui reste de sa mère – qu’elle a quittée pour aller vivre en France et qui est morte un an plus tôt – , à savoir une belle petite maison encore occupée par son dernier compagnon, Manos. Elle est arrivée, décidée à tourner définitivement la page de la partie de sa vie liée à la Grèce, accompagnée par deux amis, Nassim et Sékou, qui sont comme elle étudiants dans une école hôtelière et avec lesquels elle envisage de monter un « food truck ».

Quand l’exil et le poids des racines resurgissent

Le spectateur suit sans s’ennuyer les déambulations, dans les beaux paysages de l’île, de la rebelle Elena, de son amoureux en secret Nassim et de l’éternel boute-en-train Sékou. Elena, qui s’appelle aussi Meltem – nom du vent du nord très capricieux qui souffle entre la Grèce et la Turquie, également nom commun turc désignant les femme fortes – , retrouve petit à petit des impressions d’enfance. Nassim s’apprête à déclarer ses sentiments. Sékou, lui, ne cesse de charrier ses amis et de rendre l’ambiance plus légère.

Mais voilà que lors d’une sortie à la plage, une rencontre fortuite met les trois protagonistes en présence d’un jeune réfugié Syrien. Le séduisant Elyas est à la recherche d’un moyen de rejoindre le Péloponnèse, où il croit possible de retrouver dans un camp de migrants sa mère, dont il a été brutalement séparé par la police lorsque l’embarcation où ils avaient pris place a atteint Lesbos.

Les velléités d’aider Elyas à quitter l’île se transforment en une volonté de marquer une solidarité réelle avec les réfugiés, de s’ouvrir à l’autre

L’irruption du drame des réfugiés syriens dans ce récit de vacances donne une autre dimension au film. Elena et ses amis ne peuvent plus être aussi insouciants, et le destin de la première va prendre un autre tour : plus question de renier ses racines grecques et de vendre la maison. Et les velléités d’aider Elyas à quitter l’île se transforment en une volonté de marquer une solidarité réelle avec les réfugiés, de s’ouvrir à l’autre.

Ce film sympathique, sans perdre le charme de sa légèreté, traite ainsi nombre de thèmes dignes de réflexion : l’exil, le sort des réfugiés politiques, le poids des racines et de l’histoire familiale, l’identité, la solidarité, le deuil… Le jeu naturel, jamais appuyé, des trois acteurs qui incarnent Elena, Nassim et Sékou (Daphné Patakia, Rabah Naït Oufella et Lamine Cissokho), ainsi que la belle présence à l’écran du réfugié palestinien Karam Al Kafri, qui interprète le personnage d’Elyas, sont pour beaucoup dans la réussite de Meltem.

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