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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Diplomatie

Algérie : Washington soutient « les efforts pour tracer une nouvelle voie », la France critiquée

Emmanel Macron lors de sa visite en Algérie, le 13 février 2017. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Suite à l'annonce du report des élections et du renoncement d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, les réactions diplomatiques se poursuivent. Après les déclarations du président français Emmanuel Macron - qui n'ont pas été du goût de nombreux Algériens - , les États-Unis ont affirmé qu'ils « soutenaient les efforts pour tracer une nouvelle voie ».

« Nous soutenons les efforts en Algérie pour tracer une nouvelle voie, fondée sur le dialogue, qui reflète la volonté de tous les Algériens et leurs aspirations à un futur pacifique et prospère », a déclaré Robert Palladino, porte-parole adjoint de la diplomatie américaine, lors d’un point presse ce mardi 12 mars.

Cette réaction fait suite à l’annonce du président Bouteflika de son renoncement à un cinquième mandat et au report de l’élection présidentielle du 18 avril. « Nous soutenons le droit du peuple algérien à voter lors d’élections libres et équitables, comme nous le faisons partout dans le monde », a également affirmé le représentant du département d’État.


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Une semaine auparavant, Robert Palladino avait déjà appelé les autorités algériennes à respecter le droit de manifester, en affirmant que « les États-unis soutiennent le peuple algérien ». « Nous observons ces manifestations en Algérie et nous allons continuer à le faire », avait-il notamment déclaré.

“Abdelaziz Macron”

Si les déclarations de la diplomatie américaine n’ont pas beaucoup fait réagir pour le moment en Algérie, on ne peut pas en dire autant de celles de Paris. À commencer par le commentaire du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « Je salue la déclaration du président Bouteflika par laquelle il annonce ne pas solliciter un cinquième mandat et prendre des mesures pour rénover le système politique algérien », avait-il écrit dès lundi soir.

Ceux qui ont inspiré ou soutenu cette voie à la Kabila en RDC porteront aussi une lourde responsabilité devant le peuple algérien

Une position qui est mal passée du côté de l’opposition algérienne. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RDC) a ainsi répondu en faisant le parallèle entre cette déclaration et l’appui français à la méthode de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC) : « Ceux qui ont inspiré ou soutenu cette voie à la Kabila en République démocratique du Congo porteront aussi une lourde responsabilité devant le peuple algérien », peut-on lire dans le communiqué du parti.

Depuis Djibouti, le président français Emmanuel Macron a également réagi. Il a salué mardi matin « la décision » du président algérien de ne pas briguer un cinquième mandat et appelé à « une transition d’une durée raisonnable ». Dans l’après-midi, il s’est à nouveau exprimé dans un tweet, estimant que « la décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne ».

Des paroles qui n’ont pas tardé à faire réagir les internautes algériens. Certains ont même déclaré leur soutien aux “Gilets jaunes”, mouvement de contestation sociale qui agite la France depuis novembre dernier.

Le célèbre caricaturiste Ali Dilem a lui aussi commenté les réactions de la diplomatie française.

Une campagne appelant à téléphoner au standard de l’Élysée, faisant écho à un mouvement similaire visant l’hôpital suisse où séjournait le président algérien, a été largement relayée sur les réseaux.

Paris s’était pourtant borné au début de la contestation à uniquement « prendre note » de la candidature du président Bouteflika, assurant que « c’est au peuple algérien de choisir ses dirigeants et de décider de son avenir ». Le président français « n’a pas vocation à commenter un processus électoral », confiait même l’Élysée à Jeune Afrique. « Toute parole du gouvernement français sur un processus électoral peut être perçue comme une forme d’ingérence », expliquait une source gouvernementale. La suite semble lui avoir donné raison.

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