Politique

RDC : selon l’ONU, les tueries de Yumbi pourraient constituer des « crimes contre l’humanité »

Des Casques bleus du contingent pakistanais sécurisent la base de la Monusco de Ziralo, dans l'est de la RDC, le 6 avril 2016. © Abel Kavanagh/Monusco

Le massacre de centaines de personnes dans des violences communautaires qui ont embrasé mi-décembre des villages de l'ouest de la RDC « pourraient constituer des crimes contre l'humanité », a estimé l'ONU, dénonçant des tueries « planifiées » et une violence « facilitée par l'absence de l'État ».

« Les actes de violences commis au cours des quatre attaques documentées dans ce rapport pourraient constituer des crimes contre l’humanité si certains éléments constitutifs sont établis », a indiqué le bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l’homme dans un document publié le 12 mars.

Une mission des Nations unies a enquêté du 17 au 26 janvier 2019 dans la région de Yumbi, où des tueries de civils ont eu lieu les 16 et 17 décembre 2018. Des membres de la communauté Batende avaient massacré des personnes appartenant à celle des Banunu, en représailles après l’enterrement d’un chef coutumier Banunu dans un terrain contesté par les Batende.

Actes de barbarie

« Les attaques contre des populations Banunu dans les localités de Yumbi, Bongende et Nkolo II ont fait au moins 535 morts et 111 blessés », soulignent les enquêteurs de l’ONU. « De plus, au moins 967 bâtiments, principalement des habitations, mais aussi 14 églises, 17 écoles et cinq centres de santé ont été pillés ou détruits ».

Les tueries ont également été marquées par des actes de barbarie, souligne l’ONU, qui cite des « mutilations d’organes génitaux des hommes, des femmes et des enfants », des « femmes violées par insertion de flèches », ou encore des enfants noyés.


>>> À LIRE : RDC des massacres de civils planifiés et perpétrés par les forces de sécurité, selon la FIDH


« Aucune mesure préventive »

L’enquête n’a néanmoins pas pu « établir l’existence d’un groupe armé, ni confirmer les allégations de l’existence d’une force de réserve Batende et l’implication d’autorités, précise le rapport. Il semble que les agents de la PNC (police) ayant participé aux attaques auraient agi en vertu de leur appartenance communautaire ».

Si « une responsabilité étatique » n’a pas pu être établie, « la responsabilité de l’État peut être engagée dans la mesure où l’enquête a permis d’établir que les autorités nationales et provinciales avaient été informées du risque élevé de violences, mais n’ont pris aucune mesure préventive », accusent les Nations unies.

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