Diplomatie

À Djibouti, Emmanuel Macron vante des partenariats français « respectueux »

Le président français Emmanuel Macron (à g.) et son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, le 12 mars à Djibouti. © AFP

Emmanuel Macron a débuté le 12 mars sa tournée en Afrique de l'Est avec une visite à Djibouti, où il a mis en avant les partenariats « respectueux » proposés par son pays face à l'influence grandissante de la Chine.

« (Djibouti est) un partenaire historique et un allié stratégique de la France », et « le point d’entrée » de la région, a indiqué Emmanuel Macron au cours de sa visite dans le pays, première étape de sa tournée en Afrique de l’Est. « Djibouti a joué un rôle majeur dans la sécurisation de la Somalie. Notre souhait est de poursuivre cette coopération (…) et d’intensifier la lutte contre la piraterie ».

Ce déplacement du chef de l’État à Djibouti intervient dans le contexte d’un grand bouleversement géopolitique dans la Corne de l’Afrique, avec le rapprochement entre l’Éthiopie et l’Érythrée. La France cherche à garder son influence dans cette région stratégique qui suscite les convoitises des grandes puissances, notamment de la Chine, qui y a ouvert en 2017 sa première base à l’étranger.


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« Il y a un questionnement du côté djiboutien sur la place qu’ils peuvent occuper dans la recomposition régionale en cours et c’est sur cela que va se concentrer le dialogue avec le président » Ismaïl Omar Guelleh, expliquait-on à l’Élysée avant le départ du président.

Ce pays de la Corne de l’Afrique est également situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien, dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie.

Investissements français

Cette initiative majeure a vu Pékin prêter des sommes importantes à plusieurs pays en développement d’Asie ou d’Afrique pour améliorer leurs infrastructures et faciliter le commerce. À Djibouti, la Chine a notamment financé la construction de ports et d’une ligne ferroviaire jusqu’à Addis-Abeba.

Des experts ont mis en garde ces pays sur leur capacité à rembourser leur dette à la Chine – la dette publique de Djibouti est passée de 50% du PIB en 2014 à 85% en 2017 -, mais ceux-ci considèrent cet endettement comme un pari sur l’avenir.


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« Je ne voudrais pas que des investissements internationaux viennent affaiblir la souveraineté de nos partenaires », a déclaré le président Macron, au sujet de cette présence chinoise. « Les entreprises (françaises) sont en mesure de proposer un partenariat respectueux », a-t-il assuré.

Le président Ismaïl Omar Guelleh a, lui, assuré que « des opportunités existent (à Djibouti) pour les sociétés françaises, notamment en matière d’infrastructures ». « Notre pays est ouvert, je n’ai pas perdu espoir que la France puisse renforcer ses investissements à Djibouti ».

Sommet climatique

À la mi-journée, le chef de l’État français s’envolera pour Lalibela, à 680 km au nord de la capitale éthiopienne Addis-Abeba, site de célèbres églises rupestres du XIIIe siècle, classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

Comme il l’a promis au Premier ministre éthiopien qu’il a reçu en octobre, Emmanuel Macron devrait annoncer un accord franco-éthiopien sur un nouveau système de protection de ces monuments menacés par l’érosion, taillés dans une roche fragile qui se désagrège sous la pluie. Le président français doit conclure sa journée par un dîner d’État à Addis-Abeba, dans un pays endeuillé par le crash d’un Boeing Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts, dont 9 Français, le 10 mars.


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Mercredi matin, il rencontrera les dirigeants de l’Union africaine avant de se rendra au Kenya, dernière étape de son voyage, où il restera jusqu’à jeudi. Il y assistera au sommet pour le climat One Planet Summit et signera avec les dirigeants kényans des contrats d’un total de 3 milliards d’euros.

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