Politique

Rwanda : enquête ouverte après la mort suspecte de l’assistant de Victoire Ingabire Umuhoza

La présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), Victoire Ingabire, le 5 septembre 2011, à Kigali, au Rwanda. © Shant Fabricatorian/AP/SIPA

Anselme Mutuyimana, l'assistant de la présidente des FDU-Inkingi, Victoire Ingabire Umuhoza, a été retrouvé mort samedi 9 mars. Le Rwanda Investigation Bureau a ouvert une enquête mais aucun suspect n'a pour l'instant été identifié. Le parti de l'opposante évoque un « assassinat ».

La nouvelle a été annoncée le 9 mars par un tweet de l’opposante Victoire Ingabire Umuhoza. Anselme Mutuyimana, assistant de la présidente de la formation les Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), a été retrouvé mort ce jour-là dans la forêt de Gishwati, dans le nord-ouest du pays. Le corps du jeune homme, âgé de 30 ans, a été découvert par des habitants de la localité. Il avait quitté Kigali vendredi et devait se rendre chez ses parents, à Kivumu.

Les circonstances de sa mort restent floues. Les FDU-Inkingi, un parti encore non autorisé, a évoqué dans un communiqué un « assassinat ». Le Rwanda Investigation Bureau (RIB) a annoncé l’ouverture d’une enquête après avoir été tenu au courant de sa mort. « Nous demandons que justice soit faite, nous espérons que la police trouvera les coupables », a expliqué Victoire Ingabire Umuhoza.

Sa formation a également déploré la disparition depuis octobre de son numéro 2, Boniface Twagirimana. Incarcéré à la prison de haute sécurité de Mpanga, ce dernier se serait évadé, selon le service pénitentiaire rwandais.

Pas encore de suspects

« Les suspects dans cette affaire [celle de l’assassinat supposé d’Anselme Mutuyimana, ndlr] n’ont pas encore été identifiés, mais un enquête est en cours pour y parvenir », a expliqué Modeste Mbabazi, porte-parole du Rwanda Investigation Bureau, en charge de l’enquête. Peu d’informations ont pour l’instant été rendues publiques sur ce dossier. Le RIB n’a pas souhaité commenter les accusations de la présidente du FDU-Inkingi, expliquant qu’il n’avait pour mission « de rendre des comptes uniquement sur l’enquête, pas de réagir sur la politique ».

Anselme Mutyimana avait purgé une peine de six ans de prison avant d’être libéré en juin 2018, quelques mois avant Victoire Ingabire Umuhoza. Rentrée au Rwanda en janvier 2010, après dix-sept années passées aux Pays-Bas, et candidate à la présidentielle de la même année, cette dernière avait déclenchée la polémique à son retour lors d’une intervention au mémorial de Gisozi, à Kigali. Tout en reconnaissant la réalité du génocide commis contre les Tutsi, Victoire Ingabire Umuhoza avait insisté sur la nécessité que soient également pris en compte, dans ce lieu symbolique, les crimes de masse commis contre des Hutu. Un discours passible de poursuites au Rwanda, au titre des lois réprimant le « divisionnisme » et le négationnisme.

Elle avait été condamnée en appel en 2013 à quinze ans de prison pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 et propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence ». Elle avait bénéficié d’une libération anticipée mi-septembre en compagnie de plus de 2000 autres prisonniers.  

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