Transport aérien

Après le crash du vol Ethiopian Airlines, quel avenir pour le Boeing 737 max sur le continent ?

Boeing 737 max (photo d'illustration). © Aka The Beav from Seattle, Washington, CC, wikimedia Commons

Le Boeing 737 max était un des best-sellers plébiscités par les compagnies africaines ces derniers mois. Si Ethiopian et la RAM ont annoncé la suspension de l'exploitation de ces appareils, d'autres transporteurs leur ont renouvelé leur confiance.

Après la découverte des deux boîtes noires de l’appareil, l’enquête se poursuit à Bishoftu, à 62 kilomètres de la capitale éthiopienne, au lendemain du crash du Boeing 737 Max-8 d’Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts.

Tous les regards se tournent désormais vers Boeing (70 % de la flotte long-courrier sur le continent), dont un appareil similaire s’était écrasé en octobre 2018 en Indonésie. Alors que l’aviation civile chinoise a décidé lundi de suspendre l’exploitation de tous ces appareils, Ethiopian Airlines a décidé d’immobiliser sa flotte de quatre 737 Max. Une attitude également adoptée par l’autre fidèle de Boeing sur le continent, la Royal Air Maroc (elle ne dispose d’aucun Airbus), qui avait reçu ses deux premiers appareils en décembre et février derniers et en attendait deux autres.

Commandes en cours

Censé réduire de 15 % la consommation de carburant, le monocouloir au large rayon d’action permettant d’assurer (comme l’Airbus A321 LR) à la fois des vols moyen et long-courrier avait été plébiscité par d’autres compagnies sur le continent. L’accident de dimanche compromet-il la carrière africaine de ce best-seller de Boeing dont Mauritania Airlines fut la compagnie de lancement en décembre 2017 ?

Sur son site, le géant des airs éthiopien assure en attendre 29 sur les 65 actuellement en commande. En juin 2017, au salon aéronautique du Bourget, Ethiopian en avait commandé une trentaine et pris une option sur dix appareils supplémentaires. Interrogé par Jeune Afrique en novembre 2018 à Rabat sur la possibilité d’acheter plus d’Airbus, le patron d’Ethiopian, Tewolde GebreMariam, avait déclaré qu’encore plus de Boeing seront amenés à rejoindre la flotte d’Ethiopian.

Pour l’instant aucun transporteur n’est revenu sur son programme d’acquisitions. Le sud-africain Comair a assuré ce 11 mars qu’il ne retirerait pas du trafic le premier des huit appareils commandés en septembre 2018, qu’il a reçu le 18 février dernier. Quant au nigérian Air Peace, son porte-parole a déclaré que l’accident d’Ethiopian ne remettait pas en cause sa commande de dix 737 Max effectuée en septembre dernier.

Des plans à revoir

Présente en Afrique de l’Est et en RDC, la compagnie low-cost FlyDubaï, deuxième plus gros client mondial de 737 Max, appartenant au même holding qu’Emirates, a renouvelé sa confiance dans le programme. Autre géant du transport en Afrique, Turkish Airlines qui attend pour 2019 10 des 65 appareils 737 Max qu’elle a achetés, n’a pas réagi à ce jour.

S’il est trop tôt pour tirer des conclusions, il y a fort à parier que les transporteurs africains devront remettre à jour dans les prochaines semaines leurs plans d’expansion. Et notamment la RAM qui comptait sur ces appareils de nouvelle génération pour, comme nous l’avait confié son PDG Abdelhamid Addou en janvier 2018, « passer d’une dimension de compagnie régionale qui relie l’Europe à l’Afrique de l’Ouest au rang de transporteur global qui couvrira, depuis son hub de Casablanca, le plus de destinations long-courriers. »

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