Politique

Burundi : Pierre Buyoya lance un appel aux garants de l’accord de paix d’Arusha

Pierre Buyoya, ancien président de la République du Burundi. © Vincent Fournier/JA

L'ex-président burundais Pierre Buyoya, mis en cause dans l'assassinat en 1993 du premier président hutu démocratiquement élu au Burundi, vient de contre-attaquer en demandant aux garants de l'accord de paix d'Arusha d'intervenir.

Dans une correspondance datée du 1er mars parvenue à l’AFP samedi, il s’adresse « particulièrement » au président ougandais Yoweri Museveni en sa « triple qualité de médiateur dans le dialogue interburundais, d’ancien président de l’initiative régionale pour la paix au Burundi (…) et de garant de l’accord » de 2000, ainsi qu’aux autres garants de l’accord: l’Afrique du sud, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie, l’ONU, l’Union africaine et l’UE.

Ce texte de 9 pages a été authentifié à l’AFP par un diplomate africain. »En effet depuis 2015, le président Pierre Nkurunziza a entrepris de violer l’accord d’Arusha et la Constitution qui en était issue », a accusé Pierre Buyoya, assurant que « la conséquence est que depuis lors mon pays connaît une crise politique, aggravée par une violation massive et quotidienne des droits de l’homme, et une instrumentalisation de la justice afin d’abattre tous ceux qui, de près ou de loin, sont considérés comme des opposants ».

Pierre Buyoya « exhorte » donc tous les garants de l’accord d' »intervenir résolument en usant des moyens qui sont à leur disposition pour redresser le tort qui est en train d’être infligé au peuple burundais et faire revenir à la raison le président Nkurunziza ».

Mandat d’arrêt

Le Burundi a lancé le 30 novembre 2018 un mandat d’arrêt international contre Pierre Buyoya, 11 gradés de haut rang des forces de sécurité et cinq de ses anciens proches collaborateurs civils, pour leur rôle présumé dans l’assassinat de Melchior Ndadaye le 21 octobre 1993.

Cet assassinat avait été à l’origine d’une guerre civile (1993-2006) qui a fait plus de 300 000 morts et opposé l’armée, alors dominée par la minorité tutsi (14% de la population), à des rebelles hutu (85%).

« Malgré les efforts (…) pour amener le gouvernement de Nkurunziza à dialoguer avec son opposition, ce dernier a refusé cette démarche, infligeant ainsi l’échec et l’humiliation aux pays voisins, au médiateur et à la communauté internationale qui avaient généreusement soutenu ce processus », a-t-il écrit.

« Qui croira encore dans un accord de paix si les pays où les organisations internationales s’investissent dans le règlement des conflits, parviennent à faire conclure un accord de paix, s’en portent garants mais s’abstiennent d’en assurer résolument le respect quand une partie ou l’autre vient à le violer? », a interrogé Pierre Buyoya.

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