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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Politique

Algérie : l’état de santé de Bouteflika n’inspire « aucune inquiétude », selon son directeur de campagne

Abdelaziz Bouteflika, le 9 avril 2018 à Alger.

Abdelaziz Bouteflika, le 9 avril 2018 à Alger. © REUTERS/Ramzi Boudina

Voilà maintenant près de deux semaines que le président Abdelaziz Bouteflika se trouve en Suisse pour des « examens médicaux périodiques ». Les autorités algériennes, restées très discrètes sur son état de santé, viennent d’assurer qu’il se portait bien, contrairement à ce qu’affirmait un quotidien suisse qui le disait « sous menace vitale permanente ».

Devant l’accueil des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), où se trouve le président Bouteflika, plusieurs Algériens font le pied de grue ce vendredi 8 mars, faisant entendre leur opposition au cinquième mandat. En début d’après-midi, Rachid Nekkaz, opposant et candidat – par procuration – à l’élection présidentielle, tente même de s’introduire dans l’établissement. D’après La Tribune de Genève, il réussit à passer la première porte, avant d’être arrêté par les agents des forces de l’ordre, présentes massivement sur les lieux. L’homme est plaqué contre un mur, menotté puis auditionné par la police.

L’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika n’inspire « aucune inquiétude », a pourtant assuré l’avant-veille le nouveau directeur de campagne du président candidat, Abdelghani Zaalane, dans une interview au quotidien algérien arabophone El Khabar. Il a également affirmé que les examens médicaux qu’il subit depuis une dizaine de jours en Suisse sont presque terminés, et que le chef de l’État sera bientôt de retour au pays.


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À un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle du 18 avril, Abdelaziz Bouteflika se trouve depuis le 24 février dans une aile des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pour des « examens médicaux périodiques », selon la présidence algérienne. Les récentes informations de presse faisant état d’une dégradation de son état de santé « sont sans fondement », a ajouté son directeur de campagne.

« État précaire nécessitant des soins constants »

Une allusion aux révélations du quotidien suisse La Tribune de Genève. Dans un article publié mercredi 6 mars, le journal affirme que le chef de l’État algérien est « sous menace vitale permanente » en raison de la dégradation de ses réflexes neurologiques. Cependant, le texte précise qu’il « ne souffre d’aucun mal mortel à court terme », mais le décrit comme « un vieux monsieur qui peine à se remettre des conséquences de son attaque cérébrale de 2013 ».

Selon le média helvète, la santé du président s’est dégradée au cours des dernières années. « D’un état de fragilité mais permettant une vie à peu près normale, il s’est transformé en patient dont l’état est très précaire et nécessite des soins constants », écrit le journaliste. D’après ce dernier, le président se trouve à l’hôpital pour des examens des voies respiratoires. Il présente de « hauts risques de faire des fausses routes, c’est à-dire que des aliments peuvent être dirigés vers ses voies respiratoires, ce qui peut entraîner une infection pulmonaire grave ». Un danger dû à son âge, mais également aux conséquences de son Accident vasculaire cérébral (AVC).

Ces dernières années, le président algérien avait des difficultés à s’exprimer devant les dirigeants étrangers qu’il recevait en audience

Pour éviter de telles complications, Abdelaziz Bouteflika aurait effectué des cures d’antibiotiques régulières, mais aussi des soins de physiothérapie respiratoire. Plus loin, l’article mentionne un deuxième dysfonctionnement dont souffre le président, appelé « aphasie », soit une perte partielle du langage. « Il semble réceptif à ce qu’on lui dit, mais on le comprend à peine », écrit La Tribune, qui rapporte que son équipe médicale « lui sert d’interprète et parle souvent à sa place ».

Au début de son quatrième mandat, Abdelaziz Bouteflika disposait d’un discret micro miniature, qu’il portait sur sa joue droite afin d’amplifier sa voix. Ces dernières années, le président algérien avait des difficultés à s’exprimer devant les dirigeants étrangers qu’il recevait en audience – comme par exemple, en septembre 2018, lors de la visite en Algérie de la chancelière allemande Angela Merkel.

Toutefois, le média genevois confirme un possible retour prochain du président algérien. « Un Gulfstream immatriculé en Algérie a atterri à Cointrin le 24 février, pour vraisemblablement déposer le patient et ses proches. L’avion n’a pas été revu depuis et il n’a pas annoncé son retour. Mais le président algérien pourrait quitter le territoire suisse très prochainement », écrit le journaliste.

Beaucoup d’Algériens défavorables au mouvement, selon Zaalane

S’agissant du mouvement de protestation que vit actuellement le pays, le directeur de campagne a déclaré dans cette même interview à El Khabar que seules les urnes diront si les récentes propositions de réformes du candidat Bouteflika ont convaincu les Algériens. Le président sortant s’est notamment engagé, s’il est réélu, à ne pas aller au bout de son cinquième mandat et à quitter le pouvoir après de profondes réformes décidées par une conférence nationale.


>>> À LIRE – Algérie – Défections et implication a minima : la difficile campagne des soutiens de Bouteflika


Alors qu’un délai d’un an pour organiser de nouvelles élections est souhaitée par une partie de l’opposition, le directeur de campagne a précisé que la date de la présidentielle anticipée serait définie « librement » par la seule « conférence nationale ». Ces promesses n’ont cependant pas eu d’incidence sur l’intensité de la mobilisation. Des marches continuent à avoir lieu tous les jours à travers l’ensemble du territoire, et la mobilisation dans les rues devrait être massive ce 8 mars pour le troisième vendredi consécutif de manifestations.

Face à ces actions spontanées, Abdelghani Zaalane affirme que « de larges pans de la population ont accueilli favorablement » les récentes promesses formulées par le candidat Bouteflika, « car ces propositions (…) répondent à leurs revendications ». Il a notamment insisté sur le fait que nombre d’Algériens ne prenaient pas part à l’actuel mouvement.

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