Sécurité

Côte d’Ivoire : des ex-chefs de la rébellion nommés au sein des forces armées

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Alassane Ouattara a nommé différents ex-chefs de la rébellion de 2002 à des commandements des forces armées ivoiriennes. Le colonel Issiaka Ouattara, dit « Wattao », a notamment été affecté au commandement des unités rattachées à l’état-major général des armées.

Le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara a validé le 6 mars, sur proposition de son ministre de la Défense Hamed Bakayoko, une grande vague de nominations aux différents commandements des forces armées ivoiriennes. Des nominations à première vue sous le signe du rassemblement, de la cohésion et du rajeunissement. Mais aussi d’une certaine équité, puisque depuis son accession au pouvoir en 2011, le président ivoirien était accusé de faire une politique de « rattrapage » au profit des nordistes affectés à différents postes à responsabilités dans le pays.

Le changement intervenu dans l’armée a marqué la promotion de plusieurs anciennes figures de proue de la rébellion de 2002 qui avait fragilisé le pouvoir de Laurent Gbagbo et fait le lit de l’élection d’Alassane Ouattara en 2010. « Depuis sept ans, les ex-chefs de la rébellion ont connu des hauts et des bas, mais ils sont toujours en place. Leurs hommes sont toujours là aussi », a estimé un ancien conseiller au ministère de la Défense, en référence à leur entrée dans l’armée républicaine.

« Wattao » devient sous-chef d’état-major

Le colonel Issiaka Ouattara, dit « Wattao », a quitté ses fonctions de commandant de la Garde républicaine, la grande unité de 3 000 hommes chargée de la sécurité des institutions et des hautes personnalités, pour une nouvelle affectation comme commandant des unités rattachées à l’état-major général des armées, au rang de sous-chef d’état-major. Cette nouvelle fonction aux contours flous ressemble à une mise à l’écart pour « Wattao », suspecté d’être proche de l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro.

Chérif Ousmane, anciennement au bataillon des commandos parachutistes, devient sous-chef d’état-major de l’armée de terre. Le colonel Losseni Fofana, qui a passé plus de quinze ans au commandement dans l’Ouest, rejoint le troisième bataillon de Bouaké, ville emblématique de l’ex-rébellion, siège des mutineries de janvier et juin 2017. De son côté, Morou Ouattara reste au commandement du bataillon de sécurisation de l’Est.

Si le colonel Inza Fofana, alias « Gruman », a pris le commandement du groupement ministériel des moyens généraux (GMMG), aucune précision n’a été apportée sur ses fonctions à la tête du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) et de l’Unité de lutte contre la grande criminalité (ULGC).

Les ex-commandants de la rébellion de 2002 continuent d’assurer des missions institutionnelles. Ousmane Coulibaly, qui a rejoint l’administration, demeure le préfet de la région de San Pedro, ville abritant le deuxième port ivoirien, tout comme Tuo Fozié, qui est installé à Bouaké, et Koné Messamba, toujours préfet de la région du Cavally à Guiglo.

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