Télécoms

Ouganda : le dirigeant belge de MTN saisit la justice pour contester son expulsion du pays

Un point de vente de banque mobile de l'opérateur MTN en Ouganda le 29 septembre 2016 © Stephen Wandera/AP/SIPA

Expulsé le 14 février dernier, Wim Vanhelleputte, directeur de MTN Ouganda depuis 2016, vient de saisir la Haute Cour de Kampala contre cette expulsion qu'il estime « illégale et irrationnelle ».

Win Vanhelleputte a décidé de saisir la Haute Cour de Kampala pour contester son expulsion du territoire le 14 février dernier. Par le biais de ses avocats, le dirigeant belge de MTN Ouganda dénonce une décision « illégale et irrationnelle ». Il demande au ministre des Affaires intérieures, Jeje Odongo, l’annulation de cette expulsion, le versement de dommages et intérêts pour détention illégale et expulsion, ainsi que toute autre réparation jugée appropriée.

Selon lui, cette décision a été prise hors de toute procédure légale, et il n’a pas pu se défendre ou répondre à son accusation. Il ajoute par ailleurs être un visiteur régulier de l’Ouganda depuis 1993, et avoir épousé en 2000, sur le territoire national et en Belgique, une citoyenne ougandaise, avec laquelle il a eu deux enfants.

Rencontre Rob Shuter/Yoweri Museveni les 12 et 13 mars à Kampala

En poste depuis juillet 2016, Wim Vanhelleputte a été expulsé « pour des raisons de sécurité nationale » avait indiqué le porte-parole de la police ougandaise. Il est le quatrième membre de la direction de MTN Ouganda expulsé depuis le début de l’année 2019. Fin janvier, la police avait annoncé les expulsions du Français Olivier Prentout et de la Rwandaise Annie Bilenge Tabura, accusés d’avoir voulu « compromettre la sécurité nationale », puis de l’Italienne Elsa Muzzolin.


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Ces expulsions reposent sur des soupçons de fraudes fiscales dans le secteur des télécoms. Selon le président ougandais Yoweri Museveni, qui avait rencontré Rob Shuter (directeur exécutif du groupe sud-africain MTN) au forum de Davos en janvier, ces fraudes consisteraient à ne pas déclarer tous les appels passés par les utilisateurs, une pratique ayant pour effet de « priver le gouvernement de certains revenus ». Il avait aussi reproché aux opérateurs d’appauvrir les abonnés en captant leurs faibles ressources, sans offrir de service de qualité.

Ces tensions devraient revenir sur la table des discussions, les 12 et 13 mars prochain, à l’occasion du sommet Africa Now qui se tiendra à Kampala. Rob Shuter est convié cette conférence internationale à laquelle participera aussi le président Yoweri Museveni.

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