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Cet article est issu du dossier «Éthiopie : Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019»

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Diplomatie

Soudan du Sud : Issayas Afeworki et Abiy Ahmed à Juba pour appuyer l’accord de paix

Abiy Ahmed et Issayas Afeworki, le 14 juillet à Addis Abeba. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

Le président érythréen Issayas Afeworki et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ont discuté lundi à Juba des moyens de renforcer le processus de paix au Soudan du Sud avec leur homologue Salva Kiir.

“L’un des premiers sujets de la discussion a porté sur comment renforcer l’actuel processus de paix”, a déclaré à la presse le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères Nhial Deng Nhial à l’issue de la rencontre.

Le président Kiir et le chef rebelle Riek Machar ont signé en septembre à Addis Abeba un nouvel accord de paix censé mettre un terme à une guerre civile de près de cinq ans qui a fait plus de 380 000 morts et poussé plus de quatre millions d’habitants à fuir leur foyer. Jeudi, les évêques catholiques du pays Sud ont averti que l’accord de paix était en train d’éclater, les parties étant prêtes à reprendre le combat.

Portée symbolique

Cette visite d’une journée des dirigeants éthiopien et érythréen revêtait également une forte portée symbolique, les deux hommes ayant décidé mi-2018 de faire la paix après une guerre meurtrière entre 1998 et 2000 suivie de 18 ans de tensions et de guerre froide.

D’après le ministre sud-soudanais, l’entretien tripartite a aussi porté sur les moyens d’inclure à l’accord de paix des parties au conflit non-signataires, tels le groupe rebelle de l’ancien influent général Thomas Cirillo Swaka ou celui de l’ancien chef de l’armée Paul Malong.

Le ministre a précisé que l’envoyé spécial pour le Soudan du Sud de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD – groupe régional réunissant huit pays de la région),  Ismail Wais, devait rencontrer Thomas Cirillo et Paul Malong respectivement les 8 et 10 mars à Addis Abeba.

Le général Thomas Cirillo avait démissionné de l’armée en février 2017, accusant le président Salva Kiir de “nettoyage ethnique” et d’avoir progressivement transformé l’armée gouvernementale en une armée “tribale”. Il avait dans la foulée créé le Front national du Salut (NAS). Tombé en disgrâce en mai 2017,l’ex-chef de l’armée Paul Malong avait annoncé la création de son groupe rebelle en avril 2018, le Front uni du Soudan du Sud (SS-UF).

Longtemps cantonné à une image d’État paria, l’Érythrée semble, dans le sillage de l’Éthiopie d’Abiy Ahmed, se recentrer dans le jeu diplomatique régional. Dimanche 3 mars, Issayas Afeworki a accueilli le Premier ministre éthiopien et le président kényan Uhuru Kenyatta pour un sommet tripartite. Pour la première fois depuis 14 ans, des élus du Congrès américain se sont rendus à Asmara le 4 mars. Dans les rangs de la délégation figurait notamment l’élue d’origine somalienne Ilhan Omar ainsi que Joe Neguse, élu d’origine érythréenne.

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