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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Elections

Algérie : Rachid Nekkaz, inéligible, envoie son cousin Rachid Nekkaz se présenter à sa place

Rachid Nekkaz à Paris, en 2012. © François Mori/AP/Sipa

Alors que le médiatique homme d'affaires Rachid Nekkaz était attendu dimanche 3 mars pour déposer son dossier de candidature à l’élection présidentielle, c’est finalement son cousin homonyme qui s'est présenté au Conseil constitutionnel. Un coup de théâtre aussi loufoque qu'inattendu, pour celui dont la précampagne a suscité l'engouement des Algériens.

Connu pour ses coups de communication spectaculaires – notamment pour payer des amendes des femmes portant le voile intégral en France ou dénoncer des biens mal acquis du régime algérien – , l’extravagant Rachid Nekkaz est allé encore plus loin dimanche 3 mars, date limite du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. L’homme d’affaires, qui dit avoir fait fortune dans l’immobilier en France et aux États-Unis, est arrivé aux alentours de 15 heures au siège du Conseil constitutionnel, à Alger, pour remettre son dossier. Mais, trois heures plus tard, c’est une autre personne qui s’est présentée devant la presse comme le « vrai » candidat Rachid Nekkaz.


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Ce coup de théâtre, tellement inattendu, a semé la confusion dans la salle de conférence, alors que les journalistes attendaient l’entrepreneur de 47 ans qui a mené campagne ces dernières semaines. En réalité, l’homme qui a déposé un dossier de candidature sous le nom de Rachid Nekkaz n’est autre que le cousin homonyme du facétieux businessman. Visiblement mal à l’aise avec cette mise en scène, digne d’un vaudeville, ce mécanicien de formation a eu beaucoup de peine à répondre aux nombreuses questions des journalistes présents sur place.

Son cousin président, lui vice-président

Dans la soirée, Rachid Nekkaz, trublion de la vie politique algérienne, a révélé les dessous de ce coup monté. Dans un message vidéo posté depuis son village près de Chlef (à mi-chemin entre Alger et Oran), l’homme – dont l’éligibilité n’était pas garantie en raison de sa résidence discontinue en Algérie et de sa double nationalité française et algérienne – explique avoir échafaudé un plan pour contrer le refus de sa candidature.

Suite au refus du Conseil constitutionnel d’accepter mon dossier de candidature hier après-midi, j’ai été obligé de mettre en œuvre mon ‘plan B’

« Suite au refus du Conseil constitutionnel d’accepter mon dossier de candidature hier après-midi, j’ai été obligé de mettre en œuvre mon ‘plan B’ afin de rester dans le jeu et de maintenir la pression sur le régime », déclare-t-il. Avant de détailler sa stratégie : « Si le Conseil constitutionnel valide la candidature de mon cousin le 13 mars, je vais devenir son directeur de campagne. Si mon cousin est élu président de la République, nous lancerons un vote parlementaire pour créer le poste de vice-président que je vais occuper.”

Visionné par plus d’un million de personnes sur sa page Facebook, ce message est rapidement devenu viral. Mais cette mascarade pourrait être à double tranchant pour celui qui a passé les cinq dernières années à se bâtir une réputation d’homme politique intègre et indépendant.

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