Tourisme

Cap-Vert : une filiale d’Icelandair prend les commandes de la compagnie nationale

Le premier ministre cap-verdien Ulisses Correia e Silva (au centre, à droite) le 12 décembre à Paris. © DR

La compagnie aérienne Loftleidir Icelandic, filiale du groupe islandais Icelandair, a signé vendredi avec le gouvernement du Cap-Vert un contrat de rachat de 51% du capital de la compagnie nationale Cabo Verde Airlines (TACV), en difficultés financières depuis des années.

Composée de neuf îles situées au large du Sénégal, l’ancienne colonie portugaise, indépendante depuis 1975, est une destination prisée des touristes, particulièrement en hiver, mais les vols extérieurs et entre les îles sont chers.

Le montant de la transaction est est de 1,3 million d’euros pour les 51 % du capital de la compagnie, le nouvel actionnaire s’engageant en outre à investir 6 millions de dollars supplémentaires dans la capitalisation de la société. Le secrétaire d’État aux Finances, Gilberto Barros, a de plus assuré que la question de la dette de la TACV, s’élevant à 110 millions d’euros, avait été « réglée ». Trente-neuf pour cent des parts seront mises sur le marché et 10 % réservés aux salariés, selon le gouvernement.

« Il y a deux ans, nous avons choisi Icelandair comme partenaire stratégique dans ce processus de privatisation et nous n’avons jamais douté que c’était un bon pari et une étape nécessaire en raison du risque budgétaire que TACV représentait pour le Cap-Vert », a commenté lors de la signature du contrat vendredi le Premier ministre, Ulisses Correia e Silva.

« Tout comme les Islandais ont réussi à s’imposer dans le monde des plateformes aériennes et du tourisme (dans l’Atlantique nord), le Cap-Vert sera également une référence dans l’Atlantique moyen », a-t-il ajouté.


>>> À LIRE – Cap-Vert – Ulisses Correia e Silva : « Nous voulons développer l’économie privée chez nous »


Lors de la cérémonie, la direction de Loftleidir Icelandic a confirmé son ambition de faire à nouveau du Cap-Vert, comme il l’avait été du temps du transport maritime de passagers, un carrefour entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques.

« Notre intention n’est pas d’amener l’Islande au Cap-Vert mais de faire venir des gens des quatre coins du monde et de les distribuer à partir de la plate-forme de l’île de Sal », a expliqué le vice-président de Loftleidir Icelandic, Erlendur Svavarsson. D’ici 2023, Cabo Verde Airlines aura plus d’avions, pour conquérir d’autres destinations, en particulier sur le continent africain, a-t-il ajouté.

Dès son arrivée au pouvoir en avril 2016, M. Correia e Silva a fait de la réforme du secteur aérien l’une de ses priorités, avec en ligne de mire TACV, dont les pertes annuelles de plus de 30 millions d’euros constituent une charge insoutenable pour ce pays de quelque 500 000 habitants.

Les liaisons intra-îles de Cabo Verde Airlines, en déficit de 5 millions d’euros par an, ont été cédées à une filiale de la compagnie espagnole Binter, spécialiste jusque-là des Canaries. La gestion des vols internationaux a été ensuite été confiée à Loftleidir Icelandic, qui avait franchi une nouvelle étape en déposant fin novembre une offre de rachat de 51% du capital de la compagnie nationale.

Pour faciliter le développement du tourisme, qui représente 20% du PIB du pays, le gouvernement a également exempté récemment les citoyens de l’Union Européenne (et du Royaume-Uni) de visas d’entrée dans l’archipel. Il s’est engagé à privatiser la gestion des aéroports, afin également d’augmenter le trafic aérien.

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