Économie

Eleni Gabre-Madhin : « Mes idées sont nées sur le terrain »

L’économiste éthiopienne a créé en 2013 la société Eleni, spécialisée dans la conception et la mise en place de Bourses de matières premières.

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Mis à jour le 29 août 2014 à 12:15

L’Ethiopienne Eleni Gabre-Madhin a passé près de cinq ans à la tête de l’Ethiopia Commodity Exchange (ECX). © SD. MCCourtie/Banque mondiale

Jeune Afrique : Comment vous est venue l’idée de développer des Bourses des matières premières ?

Eleni Gabre-Madhin : En tant que chercheuse en économie, j’ai passé de nombreuses années à parler à des agriculteurs, à observer comment le commerce se faisait. Je suis une « économiste piétonne » ! J’ai observé des pratiques inefficaces et tenté de trouver des solutions adaptées.

Que peut faire l’État ?

L’investissement public dans l’éducation est primordial pour permettre aux nouvelles idées d’émerger. Si elles sont bonnes, elles seront immanquablement reprises par le secteur privé. La Silicon Valley ne s’est pas développée uniquement parce que beaucoup de fonds de capital-risque s’y sont installés. C’est aussi grâce à la présence de l’université de Stanford que sont apparues de nouvelles idées…

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Quel est le secret d’une bonne innovation ?

Il faut arriver à dupliquer une méthode qui marche dans d’autres pays tout en l’adaptant aux spécificités locales. Par exemple, dans la mise en place d’une Bourse des matières premières au Ghana, nous appliquons les mêmes principes qui ont fait leurs preuves en Éthiopie, mais nous nous adaptons au contexte.

Nous avons notamment découvert le rôle des market queens, des femmes organisées en cartels qui contrôlent l’approvisionnement des grands centres urbains. Nous devions absolument leur donner une place dans notre dispositif !