Justice

Cameroun : Maurice Kamto et ses coaccusés en détention prolongée jusqu’au 7 mars

L'opposant Maurice Kamto, ici le 8 octobre 2018 à Yaoundé, avait été arrêté le lundi 28 janvier. Photo d'illustration. © REUTERS/Zohra Bensemra/File Photo

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et ses alliés politiques, interpellés dans le cadre des marches blanches du 26 janvier dernier, devront attendre jusqu’au 7 mars pour le verdict de leur demande de liberté provisoire. La garde à vue de Michèle Ndoki a été prolongée de 48 heures.

C’est aux alentours de 23h30, le 28 février, que Maurice Kamto et ses coaccusés sont retournés à la prison principale de Kondengui, où ils sont détenus depuis leur inculpation le 13 février dernier, dans le cadre des marches blanches du 26 janvier. Quelques minutes plus tôt, le président du tribunal de première instance de Yaoundé renvoyait le rappeur Valsero – le dernier accusé à plaider – et les autres coaccusés au 7 mars prochain, pour le délibéré.


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Un renvoi qui mettait ainsi fin à un long feuilleton judiciaire entamé à 11h03, au cours duquel Maurice Kamto, Christian Penda Ekoka, Célestin Djamen, Alain Fogue, Paul-Eric Kingue et Valsero se sont successivement présentés devant le juge. « Nous avons demandé au juge d’habeas corpus de constater les violations répétées de la loi dans cette procédure judiciaire et d’ordonner une remise en liberté immédiate de nos clients », a déclaré à Jeune Afrique Me Emmanuel Simh, membre du collège d’avocats de la défense.

Les arrestations de nos clients ont été faites en marge des lois camerounaises

Une « détention illégale »

Les avocats de Maurice Kamto et ses alliés politiques ont ainsi égrené un grand nombre de vices de forme et de procédure qui, selon eux, ont entaché la procédure en cours. « Les arrestations de nos clients ont été faites en marge des lois camerounaises. Leur garde à vue était arbitraire car elle n’obéissait pas au Code de procédure pénal, et même leur mise en détention était illégale car édictée par un juge militaire qui n’a pas compétence sur des civils. Monsieur Djamen est arrivé ici avec une béquille car ses plaies sont encore ouvertes. Il est cependant en prison et non dans un hôpital », a ajouté l’un des avocats des leaders du MRC.

Sous un impressionnant dispositif sécuritaire composé d’innombrables gendarmes massés autour du célèbre « Guantánamo camerounais » – le bureau du président du tribunal à l’intérieur duquel se déroulaient les plaidoiries – les avocats de la défense ont rivalisé d’adresse pour amener les juges à prendre une décision qu’ils espèrent en faveur de leurs clients. « Les arguments de droit et de fait sont tellement concordants qu’il est impensable d’avoir une décision défavorable », a confié Me Emmanuel Simh.

Garde à vue prolongée pour Michèle Ndoki

Dans la même journée, la première vice-présidente du directoire des femmes du MRC, l’avocate Michèle Ndoki, a été entendue dans les services du Groupement spécial d’opérations (GSO), où elle est détenue depuis le 27 février. Au cours de son audition, l’avocate a exigé que lui soit présenté le titre par lequel elle avait été placée en garde à vue. « Ce titre n’a pas été présenté. Donc elle s’est abstenue de s’exprimer face aux enquêteurs », a révélé son avocat Me Meli Hippolyte.

Sa garde à vue a finalement été prolongée de 48 heures. « Elle a été interpellée à Idenau [sud-ouest du Cameroun, ndlr]. On lui a demandé de ne pas traverser la frontière. Je vois qu’il y a un débat tout autour, mais n’est-elle pas libre, comme tout citoyen, de se rendre où bon lui semble ? Ce n’est qu’à son arrivée à cette frontière qu’elle a appris qu’elle figurait sur une liste restreinte des “activistes politiques” interdits de sortie du territoire, signé par le service régional de la police pour le Sud-Ouest. Pour le moment nous voulons savoir pourquoi elle est là-bas», a ajouté Me Meli Hippolyte.

Selon nos informations, le compagnon de Michèle Ndoki, interpellé au même moment, aurait été libéré dans la soirée. Dans un communiqué, l’Ordre national des avocats a dénoncé les conditions de détention de leur consœur, notamment en raison de la diffusion d’une image de son arrestation. « Le Barreau du Cameroun relève que ces images portent atteinte à sa dignité en tant qu’être humain », peut-on lire sur ce communiqué signé de Me Charles Tchakoute Patie, le président du Barreau.

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