Banque

Afrique subsaharienne : ces étonnants banquiers qui aiment le risque

| Par
James Mwangi a développé Equity Bank grâce à un réseau de petites agences. DR

James Mwangi a développé Equity Bank grâce à un réseau de petites agences. DR ©

D’un bout à l’autre du continent, des banques rivalisent d’ingéniosité pour offrir aux Africains des services financiers adaptés à leurs besoins.

Difficile d’innover lorsqu’on est banquier : la stricte gestion des risques dans un métier où la principale ressource est l’argent déposé par les clients incite plutôt à la prudence. Dans un continent qui affiche des taux de bancarisation (part de la population ayant un compte en banque) souvent très bas – de moins de 10 % à plus de 50 % dans des pays comme le Maroc -, il y aurait pourtant fort à faire. Et certains s’y sont risqués.

Pas de copier-coller

Le plus connu est James Mwangi. Le fondateur de la banque kényane Equity Bank a révolutionné le marché en s’appuyant sur un réseau d’agences très légères, ce qui permet à sa banque, née sous la forme d’un organisme de microfinance, de compter un Kényan bancarisé sur trois parmi ses clients. Sa dernière trouvaille : le développement d’un réseau d’agents de commercialisation externe. Equity Bank compte désormais 11 000 agents de ce type.

« Concentrez-vous sur un modèle d’affaires approprié à l’Afrique, ne faites pas de copier-coller », conseille James Mwangi,

« Concentrez-vous sur un modèle d’affaires approprié à l’Afrique, ne faites pas de copier-coller », conseillait James Mwangi, interrogé en 2012 alors qu’il recevait le prix de l’entrepreneur de l’année décerné par le cabinet d’audit Ernst & Young. En décrochant début 2014 une licence d’opérateur mobile virtuel, le Kényan semble bien décidé à continuer à faire bouger les lignes vers une banque dématérialisée.

Lire aussi :

James Mwangi, entrepreneur de l’année 2012

Kenya : Equity Bank gagne son pari

Kenya : Equity Bank court après l’argent mobile

Initiatives

Au regard du dynamisme kényan, les autres initiatives africaines en matière bancaire semblent plus modestes, mais elles existent. Au Sénégal, la Société générale expérimente un réseau d’intermédiaires bancaires baptisé Manko.

Pilotée par Gaëtan Debuchy, cette société propose aux petits entrepreneurs du secteur informel d’accéder à des services financiers adaptés. Et les clients affluent. Pour aller au plus près des clients, Manko emploie des agents circulant à moto. Coris Bank, la banque du Burkina fondée par Idrissa Nassa, envoie quant à elle son agence itinérante installée dans un camion vers les populations.

Taux élevés

Même le marché pourtant déjà très structuré d’Afrique du Sud suscite les initiatives. En proposant des prêts accordés sans garantie – mais à des taux élevés -, Capitec et African Bank ont su attirer les habitants des townships vers le système bancaire. Si le second connaît de grandes difficultés, en raison de la mauvaise gestion de ses risques, le premier dispute désormais à Nedbank la place de quatrième banque du pays. C’est la preuve qu’on peut conquérir 5 millions de clients en dix ans et faire bouger les lignes, même dans le métier le plus conservateur du monde.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3101_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer