Politique

Soudan : l’état d’urgence ne vise pas les manifestants selon le vice-président

Le président soudanais Omar el-Béchir, lors d'un discours à Djouba en janvier 2014.

Le président soudanais Omar el-Béchir, lors d'un discours à Djouba en janvier 2014. © Ali Ngethi/AP/SIPA

Le vice-président soudanais a assuré mercredi que l'état d'urgence décrété récemment dans tout le pays n'était pas destiné à juguler les manifestations contre le président Omar el-Béchir mais à lutter contre la contrebande.

« L’état d’urgence n’a rien à voir avec les manifestations, dans la mesure où ceux qui protestent sont des citoyens soudanais », a déclaré Monsieur Ibnouf à la presse après une réunion avec le président.

L’état d’urgence vise à juguler la contrebande qui détruit le pays », a-t-il dit sans plus de détails.

Après avoir instauré vendredi l’état d’urgence, le président Béchir a décrété que seules les manifestations autorisées seraient tolérées.

Critiques de pays occidentaux

Les propos de Awad Ibnouf, récemment nommé premier vice-président, interviennent au lendemain de critiques de quatre pays occidentaux. En effet, mardi, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la Norvège ont déploré le « retour à un régime militaire » au Soudan.

« Autoriser les forces de sécurité à agir dans l’impunité est de nature à davantage porter atteinte aux droits humains, à la bonne gouvernance et à la gestion économique », ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Les quatre pays ont appelé à la libération de toutes les personnes arrêtées lors des dernières manifestations, jugeant « inacceptable l’utilisation de balles réelles contre les manifestations ou les mauvais traitements contre les détenus ».

Bilan des arrestations et des victimes

Le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) mène la répression et a arrêté depuis décembre des centaines de manifestants, leaders de l’opposition, militants et journalistes, d’après des ONG.

Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le 19 décembre. L’ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts.

Monsieur Béchir, qui fait face au plus sérieux défi depuis son arrivée au pouvoir il y a 30 ans, a par ailleurs annoncé la dissolution du gouvernement aux niveaux fédéral et provincial et la nomination à la tête des 18 régions du pays de 16 officiers de l’armée et deux responsables de la sécurité.

Et mercredi, le pouvoir judiciaire a déclaré avoir établi des « tribunaux d’exception » dans toutes provinces du pays.

 

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