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De la distillation à l’osmose inverse

| Écrit par Muriel Signouret

Les ingénieurs ont découvert la technique du dessalement en observant la nature. Le procédé est simple. Ils n’ont fait qu’imiter le soleil en faisant bouillir l’eau de mer. La vapeur qui s’échappe n’est plus salée et il suffit de recueillir le liquide puis de le condenser. La réalité est légèrement plus complexe, car porter l’eau à ébullition nécessite de l’énergie. Depuis la mise en place des premières usines de dessalement dans les années 1980 en Arabie saoudite, les concepteurs cherchent à réduire les coûts. Mais les procédés les plus modernes nécessitent encore un litre de fuel pour un mètre cube d’eau. Certes, l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis font peu de cas de cette contrainte puisque le pétrole y coule à flot… Sans compter que la distillation permet aussi de produire de l’électricité. Mais, malgré l’avantage de cette double production, les autres pays du Sud, où l’eau manque tout aussi cruellement, n’ont pas les moyens de faire tourner les turbines à plein régime à cause de la flambée du baril (autour de 50 dollars depuis un an).
Si bien que la technique de l’osmose inverse séduit de plus en plus de pays. Après avoir débarrassé le liquide salé de ses microalgues et autres impuretés au moyen de filtres spéciaux, voire de produits chimiques, l’eau mise sous une forte pression passe à travers une membrane semi-perméable. Rien ne passe, ni sel, ni microbe, à part les molécules d’eau. Cette technique a toutefois mis du temps à s’imposer en raison du colmatage rapide des membranes par le sel, ce qui impliquait des surcoûts. Les nouveaux systèmes filtrent donc dorénavant l’eau en deux fois. Ironie du sort : le liquide devient tellement pur qu’il est ensuite nécessaire d’y rajouter des sels minéraux ! L’osmose inverse est généralement retenue par les pays qui souhaitent en priorité dessaler les eaux saumâtres – moins salées que l’eau de mer – et, surtout, qui ne disposent pas de ressources pétrolières.
Les ingénieurs n’en continuent pas moins leurs recherches. Ils ont d’abord pensé à congeler l’eau, car les sels dissous sont expulsés dans la phase initiale de la construction des cristaux. Mais l’opération se révèle ensuite délicate. Autre solution envisagée : « l’humidification solaire », qui consiste à condenser la vapeur sur une surface froide. Là encore, ils se sont heurtés à un inconvénient de taille : la nécessité de s’équiper d’un immense système de captation des rayons du soleil.

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