Politique

Cameroun : arrestation de l’avocate Michèle Ndoki, cadre du MRC de Maurice Kamto

L’avocate Michèle Ndoki, vice-présidente du directoire des femmes du MRC, retranchée dans un endroit secret après la manifestation du 26 janvier. © Capture écran/YouTube/France24

Interpellée le 26 février par les forces de sécurité camerounaises, l’avocate Michèle Ndoki, vice-présidente du directoire des femmes du MRC de Maurice Kamto, a été transférée au secrétariat d’État à la défense (SED). Elle devrait être auditionnée jeudi au Groupement spécial d’opérations (GSO).

La vice-présidente du directoire des femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto a été arrêtée mardi 26 février à la mi-journée par les forces de sécurité camerounaises. La nouvelle a été confirmée dans la soirée par Olivier Bibou Nissack, le porte-parole du président du parti.

Michèle Ndoki a été interpellée avec son compagnon, un citoyen canadien, puis transférée dans la nuit à Yaoundé au secrétariat d’État à la défense (SED). Elle devrait ensuite être transférée au Groupement spécial d’opérations (GSO), où elle doit être auditionnée jeudi 28 février, à 9 heures. « Elle commençait à recouvrer de ses blessures. Son état est stable », a confié à Jeune Afrique l’un de ses proches, sous couvert d’anonymat.

Après la détention de Maurice Kamto

L’arrestation de Me Michèle Ndoki intervient après celles de Maurice Kamto (détenu à la prison de Kondengui), des principaux alliés de son parti et d’une centaine de militants, interpellés dans le cadre des marches blanches du 26 janvier violemment réprimées, durant lesquelles ils dénonçaient un « hold-up électoral » suite à la dernière présidentielle. Des manifestations au cours desquelles l’avocate avait notamment été blessée par balles.


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Elle s’était depuis réfugiée dans un lieu secret. « Je me cache depuis ce jour-là parce que c’est effrayant de se rendre compte qu’on est une cible et qu’on n’est pas la seule », confiait Michèle Ndoki dans une interview accordée le 6 février à Jeune Afrique. « Il s’agit d’un débat politique sur le devenir de cette nation. Je crains que me retrouver derrière les barreaux soit synonyme d’une dégradation sérieuse, si ce n’est définitive, de ma santé », affirmait-elle alors depuis son lieu de retranchement.

Selon des sources non officielles, l’avocate a été interpellée alors qu’elle tentait de s’enfuir vers le Nigeria, mais l’information n’a pas été confirmée par ses proches. Si les motifs de Michèle Ndoki n’ont pas été établis, elle pourrait être accusée des mêmes infractions que celles retenues contre Maurice Kamto et les militants du MRC. Au total, huit chefs d’accusation avaient été retenus contre eux, dont « rébellion en groupe », « hostilité contre la patrie », « trouble à l’ordre public » et « d’incitation à l’insurrection ».

Appel à la libération des militants

Connue pour sa pugnacité, Me Michèle Ndoki, âgée de 47 ans, s’était notamment illustrée lors de l’élection présidentielle en défendant la demande en annulation de l’élection déposée par le MRC, lors des audiences relatives au contentieux post-électoral.


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Vendredi dernier, une plateforme d’acteurs de la société civile s’est constituée pour réclamer la libération des militants du MRC. Ce groupe de pression, baptisé « Le Front citoyen » et animé par Edith Kah Walla, vient compléter la longue liste des organismes qui ont demandé la libération de Maurice Kamto et de ses militants.

L’ex-candidat du MRC, arrivé deuxième avec 14,23 % des suffrages contre 71,28 % des voix pour Paul Biya, du RDPC, continue de clamer sa victoire à la présidentielle d’octobre 2018.

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