Cinéma

Fespaco : la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré en lice pour l’Étalon d’or avec « Desrances »

Apolline Traoré sur le tournage de « Desrance », en septembre 2018.

Apolline Traoré sur le tournage de « Desrance », en septembre 2018. © DR / les Films Selmon

Apolline Traoré a livré un nouveau plaidoyer pour les femmes avec son film « Desrances », projeté en compétition mardi au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

Deux ans après Frontières qui l’avait fait connaître à l’international, déjà sélectionné au Fespaco, la jeune réalisatrice burkinabè met en lumière le courage et la sagesse des femmes face à la folie des hommes, dans une fiction située pendant la tragique crise post-électorale ivoirienne de 2010-11, où 3 000 personnes périrent.

Haïla, la vraie héroïne

Le héros, Francis Desrances, joué par l’acteur haïtien Jimmy Jean-Louis (Toussaint Louverture, Heroes), cherche désespérément sa femme et son fils dont elle vient d’accoucher, croyant qu’ils ont été enlevés par une bande de truands, dans la folie de la guerre civile qui a éclaté à Abidjan. Rescapé d’un massacre à Haïti dans sa jeunesse, où il a perdu toute sa famille, et émigré en Côte d’Ivoire pour y retrouver ses racines africaines, Desrances replonge dans ses traumatismes.


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Mais la vraie héroïne du film est sans doute sa fille Haïla, 12 ans, jouée par l’Ivoirienne Jemima Naomi Nemlin, qui va sauver son père de la mort et finir par le ramener à la raison. Et lui faire comprendre qu’elle est aussi digne d’être son héritière que son fils perdu.

« Le film met la lumière sur une gamine qui a beaucoup de force, au moins autant qu’un garçon. Il y a trop de barrières contre les femmes dans la société, les choses tardent à progresser », a expliqué Jimmy Jean-Louis après la projection. « C’est l’homme qui a toujours dirigé, et le résultat n’est pas génial. Le futur est dans la main des femmes ! ».

En lice pour décrocher l’Étalon d’or de Yennenga

« Desrances » est en lice – parmi 20 longs métrages de fiction, dont Rafiki, de la Kényane Wanuri Kahiu, et Fatwa, du Tunisien Mahmoud Ben Mahmoud – pour décrocher l’Étalon d’or de Yennenga, et succéder à Félicité, du Sénégalais Alain Gomis, primé en 2017 au festival qui se déroule tous les deux ans. Le film souffre cependant d’une intrigue parfois trop elliptique et de rebondissements peu crédibles. L’accueil du public a été mitigé à la salle Neerwaya, un des lieux historiques du Fespaco.

Au total 165 films de 16 pays africains concourent pendant les huit jours du festival, du 23 février au 2 mars, dans les différentes sections, courts métrages, documentaires, séries télé, films d’animation, ainsi que films d?écoles africaines de cinéma.

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