Dossier

Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

Voir tout le sommaire
Elections

Algérie : des centaines d’étudiants rassemblés à Alger contre un cinquième mandat de Bouteflika

La police anti-émeute retient des manifestants alors qu'ils marchent dans les rues de la capitale algérienne, Alger, pour dénoncer la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, vendredi 22 février 2019.

La police anti-émeute retient des manifestants alors qu'ils marchent dans les rues de la capitale algérienne, Alger, pour dénoncer la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, vendredi 22 février 2019. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Des centaines d'étudiants protestent mardi sur un campus du centre d'Alger contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, sourds aux appels du Premier ministre exhortant les manifestants à s'exprimer dans les urnes lors de la présidentielle du 18 avril.

En annonçant le 10 février sa décision de briguer un cinquième mandat, le chef de l’État, au pouvoir depuis 1999, a mis fin à de longs mois d’incertitude, mais aussi déclenché une contestation inédite depuis des années de par son ampleur nationale, sa mobilisation et ses slogans visant directement lui et son entourage.


>>> À LIRE – Algérie : « Les manifestations populaires ont levé le voile sur la censure dans les médias »


Mardi matin, environ 500 étudiants étaient regroupés à l’intérieur de la « fac centrale » aux cris de « Non au 5e mandat! », « Bouteflika dégage! », « Algérie libre et démocratique ». Les agents de sécurité de l’université ont cadenassé les grilles pour empêcher les étudiants de sortir. « Policiers et étudiants sont des frères », crient aussi les étudiants aux membres des forces de l’ordre, certains arborant casques et boucliers anti-émeutes, déployés en nombre dans la rue, de l’autre côté des grilles.

Ni policiers ni journalistes à l’intérieur

De nombreux étudiants brandissent des drapeaux algériens. « Pour éviter la confrontation avec la police, les étudiants de plusieurs facultés d’Alger ont décidé de se rassembler dans l’enceinte de l’université », a expliqué Raouf, étudiant en master de journalisme, qui n’a pas donné son nom de famille. « Les policiers n’ont pas le droit d’entrer » dans les universités, rappelle-t-il.

Nous voulons montrer que les 11 associations estudiantines qui ont déclaré leur soutien à Bouteflika n’ont pas parlé en notre nom

Des rassemblements similaires sont prévus dans les différentes universités du pays. Aucun journaliste n’a été autorisé à pénétrer à l’intérieur de la « fac centrale », a fait savoir un responsable de la sécurité. Un impressionnant dispositif policier est déployé dans le centre d’Alger et de nombreux véhicules des forces de l’ordre sont garés sur les axes adjacents à l’université.

« Pas en mon nom ! », est un des mots d’ordre de la contestation de mardi qui a été lancée sur les réseaux sociaux après le soutien affiché de onze associations estudiantines à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika. « Nous organisons une démonstration de force afin de montrer que ces 11 associations n’ont pas parlé en notre nom », a expliqué Hakim, 23 ans, étudiant en génie civil à l’université des sciences et technologie de Bab Ezzouar (USTHB), à une quinzaine de kilomètres du centre de la capitale.

Les enseignants solidaires

Des enseignants et universitaires ont appelé leurs collègues à se joindre aux étudiants mardi. « Nous avons le devoir d’incarner la voix du peuple qui se lève contre un système politique devenu une véritable menace pour notre avenir et la stabilité du pays », expliquent-il dans ce texte.


>>> À LIRE – Algérie : comment les partisans de Bouteflika réagissent à la contestation populaire


Lundi, les autorités algériennes ont répondu pour la première fois aux protestataires en écartant implicitement l’hypothèse d’un renoncement d’Abdelaziz Bouteflika et en affirmant que les « urnes trancheront ». « Les élections auront lieu dans moins de deux mois et chacun choisira librement », a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia, alors que le délai de dépôt des candidatures expire dimanche à minuit. Il a également mis en garde les Algériens « contre les risques de dérapages sérieux ».

Ces derniers jours, face à la contestation, plusieurs membres du camp présidentiel ont agité plus ou moins explicitement le spectre de la « décennie noire » de guerre civile en Algérie (1992-2002), à laquelle le président Bouteflika est largement crédité d’avoir mis fin en arrivant au pouvoir. Réélu sans discontinuer depuis 1999, il n’apparaît lui-même plus que très rarement en public depuis qu’il a subi un accident vasculaire cérébral en 2013.

Lire les autres articles du dossier

«Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte