Transports

Au Maghreb, Peugeot fait le bonheur du logisticien Gefco

Au Maroc, Gefco vient de livrer 47 wagons porte-voiture qui seront exploités par l'Office national des chemins de fer . ©

Le groupe de logistique français Gefco, très présent le secteur automobile, bénéficie pleinement de la croissance du constructeur au lion sur la zone. Mais pas seulement.

Lancé dans des projets en Algérie et au Maroc, Peugeot emmène dans sa roue son partenaire historique Gefco. « Nous sommes en phase de montée en puissance autour de la future usine d’Oran et de celle de Kénitra », indique Pierre-Jean Lorrain, vice-président exécutif pour la zone Méditerranée du logisticien basé à Courbevoie. Le projet le plus avancé est celui de Kénitra où la production test a débuté en juillet 2018 avec un objectif en rythme annuel de 100 000 véhicules à la fin de 2019, puis de 200 000 sous deux ans. Dès le lancement, Gefco y a déployé ses équipes. Et recrute à tour de bras.

« Nous sommes environ 150 personnes au Maroc et réaliserons une centaine d’embauches cette année », lance Alexis Rhodas, directeur de Gefco Maroc. À Kénitra, les opérations sont diverses : réception des véhicules en bout de chaîne, préparation pour l’expédition, prise en charge du chargement et du transport des voitures… Le groupe vient aussi d’y livrer 47 wagons porte-voitures qui seront exploités par l’Office national des chemins de fer (ONCF) entre le site et Tanger-Med, Gefco assurant le chargement et le déchargement.

Poids lourd dans l’automobile, le fast-fashion et l’aéronautique

Gefco assure aussi une part de la logistique des composants provenant de sites Peugeot ou d’équipementiers européens. « Peugeot vise un taux d’intégration très élevé, de l’ordre de c80 %, et nous allons opérer en flux tendu une part croissante de la logistique entre le site et les équipementiers locaux », anticipe Pierre-Jean Lorrain. Cette mécanique s’opère selon un processus rodé. Et pour cause.

Gefco fut, jusqu’en 2012, filiale à 100 % de Peugeot avant que celui-ci n’en cède 75 % aux chemins de fer russes RZD tout en maintenant des liens très forts.


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Au Maroc, Gefco est aussi le prestataire exclusif de CAC, l’importateur de Volkswagen et même fournisseur de… Renault, notamment pour le transfert par route des Dacia destinées à l’export entre l’usine Somaca de Casablanca et Tanger. Le boom du secteur automobile au Maroc a d’ailleurs conduit le logisticien à y muscler sa présence avec le rachat en septembre 2018 de la société espagnole GLT.

Basée à Oiartzun (Pays basque espagnol), GLT est l’un des principaux opérateurs de Ro-Ro (Roll-On, Roll-Off, navires équipés de rampes d’accès permettant l’usage de véhicules de chargement roulant) entre Tanger et Algésiras à côté de son concurrent San José & López (SJL), racheté en 2017 par le sud-africain Investec. Avec 75 camions, 380 remorques et 16 000 traversées par an, s’ajoutant à celles de Gefco, GLT fait du français le poids lourd du passage du détroit dans l’automobile « mais aussi dans la confection fast-fashion ou encore l’aéronautique », note Alexis Rhodas.

1 % de 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaire réalisé au Maghreb

Et côté algérien ? À Tafraoui, près d’Oran, où Peugeot débute les travaux, Gefco va reproduire le même schéma qu’à Kénitra sur ce site plus modeste de 75 000 véhicules par an, avec une part substantielle de CKD (Complete Knock Down : kits de véhicules) dans un premier temps. Gefco emploie en Algérie une cinquantaine de salariés, effectif qui va doubler cette année, du fait du projet Peugeot mais aussi d’un important contrat intégré avec un groupe pharmaceutique européen.

Pour compléter le tableau au Maghreb, où le groupe réalise un peu plus de 1 % de son chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros, Gefco continue de creuser son sillon en Tunisie. Dans ce pays, il opère dans l’automobile et le textile (en liaison avec la Turquie ou l’Europe) et est doté d’un entrepôt sous douane à Radès-Tunis. « Nous allons chercher à exploiter le savoir-faire de GLT pour développer des lignes entre la Tunisie et l’Europe en Ro-Ro notamment via Gênes », dit Pierre-Jean Lorrain. Car, se félicite-t-il, l’envol du secteur automobile au Maghreb dope la demande de liaisons régulières voire express avec l’Europe centrale (Tchéquie, Slovaquie…). Et ce n’est qu’un début.

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