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Politique économique

Présidentielle au Sénégal : ligne Dakar-Bamako, banques, emplois… les promesses économiques des candidats

Vue de Dakar en 2015. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Emplois des jeunes, ligne ferroviaire Dakar-Bamako, banque dédiée à la diaspora... À quelques heures de la clôture de la campagne électorale, Jeune Afrique revient sur les principales promesses économiques des cinq candidats en lice pour le scrutin présidentiel du 24 février prochain. Florilège.

Ils ont chacun misé sur des thématiques économiques fortes. Les cinq candidats en lice le 24 février – Macky Sall, Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Issa Sall et Madické Niang – ont annoncé tout au long de la campagne électorale des grandes promesses et des projets économique, au-delà du développement de la croissance économique et de la lutte contre la corruption.

• Création d’emplois et formation des jeunes

Défi numéro un du pays, le problème de l’emploi des jeunes a, à l’évidence, été évoqué par les cinq postulants au fauteuil présidentiel lors de leurs rencontres avec les électeurs. Jusqu’ici, la plupart des candidats se sont souvent contentés de s’attaquer au bilan de la politique d’emplois du candidat sortant. Macky Sall, qui avait promis la création de 500 000 emplois durant son premier mandat – contre environ 490 000 à l’arrivée, selon les chiffres officiels –, est monté d’un cran dans ses promesses. Il a assuré que s’il parvenait à être réélu dimanche, il produirait un million de postes de travail supplémentaires.

Pour sa part, Issa Sall, le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), s’est attaqué à la question par le biais de la formation. Une fois élu, il promet de supprimer le baccalauréat général pour lui substituer « une offre de formation de qualité qui permettra à tous les bénéficiaires d’être opérationnels et d’avoir un emploi décent. Le Sénégal est le seul pays où on trouve des doctorants chômeurs », soutient-il, sans donner davantage de détails. De son côté, Ousmane Sonko, qui a critiqué le bilan du président sortant, a proposé de mettre en place des conditions pour faciliter l’obtention d’emplois. Idrissa Seck, candidat de la coalition Idy 2019, a promis que l’emploi des jeunes occuperait « une place de choix » durant son mandat, et Madické Niang en a également fait l’une de ses priorités.


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Au Sénégal, l’inadéquation entre les offres de formation et les besoins des entreprises est très souvent déplorée par les dirigeants du secteur privé. Pour tenter d’y trouver une solution, le président sortant promet de poursuivre la réorientation du système éducatif du pays vers plus de formation aux métiers et ainsi faciliter « l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes ». La recette : chacun des 45 départements du pays sera doté d’un centre de formation professionnelle et technique, pour un coût de 50 milliards de francs CFA (762 millions d’euros) déjà disponibles. Reste à savoir si ce dispositif suffira à absorber les 300 000 jeunes diplômés qui arrivent officiellement tous les ans sur le marché du travail.

• Infrastructures ferroviaires

Autre thème de campagne revenu très régulièrement dans la bouche des différents candidats, les infrastructures ferroviaires. Ces derniers ont quasiment tous exprimé leur volonté de relancer les liaisons ferroviaires du pays et, surtout, l’historique ligne Dakar-Bamako. Ainsi le candidat de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY), Macky Sall, a promis de faire de Guinguinéo, dans la région de Kaolack, « le futur hub ferroviaire et logistique du Sénégal. Je reconstruirai la ligne Dakar-Bamako, avec une base logistique principale à Guinguinéo. Les études sont déjà bouclées et le financement mobilisé. Un centre de formation professionnelle et technique en métiers ferroviaires, érigé dans la capitale départementale, accompagnera la renaissance du rail », a promis Macky Sall.


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Fermé depuis plus d’un an du fait de la profonde crise qui frappe la société binationale Dakar-Bamako Ferroviaire (DBF), exploitant du réseau, ce corridor est néanmoins important pour l’économie locale. Le Mali est en effet le premier client du Sénégal (qui y a exporté 19,8% de ses biens en 2017), et une grande partie de ses importations transite par le port de Dakar.

Si Idrissa Seck, candidat de la coalition Idy 2019, a lui aussi promis la reprise de la ligne Dakar-Bamako et du chemin de fer à Diourbel, dans le centre du pays, Ousmane Sonko a assuré qu’il élèverait au rang de priorité la construction d’un axe ferroviaire entre Dakar-Kidira-Bamako-Conakry et Lagos. « Cet axe pourra articuler l’économie dans le cadre de la Cedeao », a-t-il indiqué le 20 février à Thiès.

Toujours en matière d’infrastructures, Macky Sall a fustigé l’erreur stratégique commise par le gouvernement de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui a implanté le port de Foundiougne-Ndakhonga, à Fatick. Il a promis de faire de Kaolack un hub ferroviaire, portuaire et routier au regard de son emplacement géographique stratégique. De son côté Madické Niang a promis la création d’un pont fluvio-maritime, notamment pour contourner les problèmes liés à l’avancée de la mer.

• Une banque pour la diaspora

À Diourbel, Macky Sall a mis en avant une autre promesse économique : il a révélé « étudier les conditions de création d’une banque dédiée à nos concitoyens basés à l’étranger. Cela facilitera le financement de leurs projets d’habitat et leurs activités de retour au Sénégal ». Assez pour que Madické Niang crie au plagiat. « C’est mon idée et je ne laisserai personne me la voler ! », a-t-il clamé.


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Le porte-étendard de la coalition Madické 2019 avait déclaré lors de son meeting à Louga, dans le nord-ouest du pays – l’un des principaux foyers d’émigration vers l’Italie -, qu’il ferait du « fonds d’appui aux Sénégalais de l’extérieur une banque nationale et instituera une grande société de transfert d’argent ». L’enjeu est de taille. Aujourd’hui, selon les chiffres officiels, environ trois millions de Sénégalais vivent à l’étranger. En sus des quatorze autres régions du pays, cette diaspora est considérée comme étant sa quinzième entité administrative.

En matière de politique sociale, Idrissa Seck s’est engagé en cas d’élection à transformer les bourses familiales en « salaire familial ». Ce dispositif de filets sociaux destiné aux ménages les plus démunis, institué par Macky Sall en 2013, constitue une des mesures phares de sa politique de protection sociale.

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