Politique

Côte d’Ivoire : quand des femmes du RHDP militent pour la pacification du débat politique

Ces dernières semaines en Côte d’Ivoire ont été marquées par une recrudescence de la violence verbale entre certains dirigeants politiques. © REUTERS/Thierry Gouegnon

Alors que le ton monte progressivement depuis quelques semaines entre certains responsables politiques, à mesure que la présidentielle de 2020 se rapproche, des femmes de la mouvance présidentielle tentent de calmer le jeu avec des discours plus modérés.

Longtemps silencieuse, la Grande chancelière Henriette Dagri Diabaté est finalement passée à l’offensive avec un discours pacifique. Déplorant les « propos d’une violence inouïe » employés ces dernières semaines par plusieurs dirigeants politiques, la présidente du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) a tenté de calmer le jeu le 18 février, en ciblant autant les responsables du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle) que l’opposition.

« À tous ceux que des paroles ont blessés, en tant que mère je demande pardon. Pour tous ceux qui ont tenu des propos qui font souffrir, en tant que responsable, je demande pardon », s’est ainsi excusée la doyenne des femmes politiques ivoiriennes, âgée de 83 ans.

Appel à un débat modéré

Elle emboîtait notamment le pas à Mariatou Koné, ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l’Indemnisation des victimes, qui n’avait pas hésité à prendre le contre-pied de Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale et secrétaire générale du RDR, qui avait rappelé le 28 janvier dernier à Henri Konan Bédié que « nul n’a le monopole des injures ».

« Vivre ensemble, cela veut dire quoi ? On est ensemble c’est vrai, il y a des mécontentements mais ce n’est pas une raison pour répondre aux injures, avait rétorqué Mariatou Koné. Parce que quand tu réponds aux injures, tu es encore plus mal élevé que celui qui est en train d’injurier. Vous avez donnez une éducation à vos enfants, laissez les gens faire », avait déclaré la professeure d’anthropologie à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan), nommée au gouvernement en 2016.


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Un discours qui lui avait valu quelques critiques de certains membres du gouvernement, mais qui avait pourtant été apprécié par une bonne partie de l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux, où ses prises de position pacifiques prennent un écho.

Terrain judiciaire

La tension n’est en effet pas retombée depuis début février et l’attaque verbale de Mariame Traoré, députée du RDR et membre du RHDP, à l’encontre de Sita Coulibaly, présidente de l’Union des femmes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire au niveau urbain (UFPDCI). Cette dernière a en effet porté plainte contre l’auteure des injures. Mais lors de son audition, le 15 février, la plaignante s’est à son tour vue notifier d’une plainte.

Celle-ci a notamment été formulée par Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale, afin que la présidente de l’UFPDCI s’explique sur la diffusion d’un élément sonore anonyme qu’elle juge diffamatoire à son encontre.

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