Environnement

Tanzanie : la « reine de l’ivoire » chinoise condamnée à 15 ans de prison pour trafic

La Chinoise Yang Fenlan, surnommée la "reine de l'ivoire", à son arrivée au tribunal de Dar es Salaam, en Tanzanie, qui la poursuit pour trafic de défenses d'éléphants, le 4 novembre 2016.

La Chinoise Yang Fenlan, surnommée la "reine de l'ivoire", à son arrivée au tribunal de Dar es Salaam, en Tanzanie, qui la poursuit pour trafic de défenses d'éléphants, le 4 novembre 2016. © Said KHALFAN/AFP

Yang Fenlan, surnommée la « reine de l'ivoire », a été condamnée à 15 ans de prison par un tribunal tanzanien pour son rôle dans le trafic de 860 défenses d'éléphants entre 2000 et 2014.

Âgée de 69 ans et présente en Tanzanie depuis les années 1970, Yang Fenlan a été reconnue coupable mardi 19 février d’avoir joué, pendant plus de dix ans, le rôle d’intermédiaire entre un réseau de braconnage local et des acheteurs internationaux. Elle a été condamnée à 15 ans de prison.

« Les preuves avancées par l’accusation ont prouvé les charges retenues contre l’accusée au-delà de tout doute raisonnable », a déclaré le juge Huruma Shaidi, devant le tribunal de Kisutu à Dar es Salaam, au sujet de celle qui possède par ailleurs plusieurs restaurants dans la capitale économique du pays. Jugés dans le même procès, deux hommes d’affaires tanzaniens ont également été reconnus coupables.

Victoire des défenseurs de la faune

Au moment de son arrestation, en 2015, celle que l’on surnomme la « reine de l’ivoire » était la vice-présidente du China-Africa Business Council (CABC) de Tanzanie. Son interpellation avait été saluée par les défenseurs de la faune sauvage. Certains l’ont qualifiée de « la plus importante arrestation » de ces dernières années en Afrique de l’Est, nourrissant l’espoir que « des officiels corrompus » pourraient aussi être traduits en justice.

Le commerce illégal d’ivoire est alimenté par une forte demande en Asie et au Moyen-Orient, où des vertus médicinales sont attribuées aux défenses d’éléphants, malgré les démentis des scientifiques.

30 000 éléphants tués chaque année

En attendant, les pachydermes sont décimés par le braconnage et son impact est dramatique. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la population des éléphants d’Afrique vient d’enregistrer sa plus importante chute depuis vingt-cinq ans. Le continent compte environ 415 000 éléphants, soit 111 000 de moins que lors de la dernière décennie. Et le massacre continue au rythme vertigineux d’environ 30 000 éléphants par an.

La Tanzanie, l’un des pays qui comptent la plus importante population d’éléphants sur le continent africain, est aussi l’un des plus touchés par ce problème. Un recensement récent notait que la population de pachydermes y a diminué de 60% entre 2009 et 2014.

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