Elections

Sénatoriales en RDC : des candidats dénoncent la corruption et retirent leur candidature

Le palais du peuple à Kinshasa, qui abrite le Parlement congolais. © Wikimedia/CC

À Kinshasa, certains élus provinciaux, chargés d'élire les gouverneurs et sénateurs lors des élections de mars prochain, sont accusés par des candidats de demander de l'argent en échange de leurs voix, des sommes allant de 20 000 à 50 000 dollars. Pour dénoncer cette corruption, deux candidats ont retiré leur candidature.

Plusieurs candidats aux élections sénatoriales, prévues en mars prochain en RDC, ont dénoncé la « corruption » à laquelle se prêtent certains députés provinciaux, poussant ainsi l’homme d’affaires Adam Bombole et Vidiye Tshimanga, le porte-parole de Félix Tshisekedi, à retirer leur candidature.

« Pour devenir gouverneur, faudra-t-il être le meilleur corrupteur de la province ? Messieurs les députés provinciaux, ayez un sursaut de dignité au nom de vos électeurs. Monsieur le procureur général de la République, s’il vous plaît, usez de la plus grande sévérité contre le corrompu et le corrupteur », a déclaré à Jeune Afrique Vidiye Tshimanga, qui était initialement candidat dans la ville de Kinshasa.

« Je ne citerai pas de noms. [La corruption] est un secret de polichinelle, les voix se donnent aux plus offrants », a souligné de son côté Adam Bombole.

Des sommes allant jusqu’à 50 000 dollars

Selon ces désormais ex-candidats, certains élus provinciaux – les « grands électeurs » chargés d’élire les sénateurs et gouverneurs par un suffrage indirect – exigeraient des sommes allant de 20 000 dollars à 50 000 dollars (de 18 000 euros à 44 000 euros). Des enchères qui ont déjà débuté il y a plus d’un mois.

« Ils disent que nous devons rembourser leur argent de campagne dépensé en tant que député, et avec des bonus. Cet argent doit aussi être payé en deux tranches », explique à Jeune Afrique un autre candidat sous couvert d’anonymat.

Certains candidats ont déjà payé des avances

« Certains candidats ont déjà payé des avances », révèle à Jeune Afrique un autre député provincial sous couvert d’anonymat.

Pour tenter d’en finir avec cette corruption, de nombreux analystes appellent à réviser la Constitution pour ramener ces scrutins au suffrage direct. Même si le code pénal congolais prévoit des dispositions condamnant fermement la corruption, peu d’observateurs voient la justice se saisir de ces allégations.


>>> À LIRE – RDC : libération des prisonniers politiques, lutte contre la corruption… Les engagements de Félix Tshisekedi


L’UDPS contre le FCC

Quatre sénateurs par province et huit pour la ville de Kinshasa seront élus à l’issue de ces élections, qui se dérouleront à la fin du mois de mars sans les provinces du Nord-Kivu et le Maï-Ndombe (ouest du pays).

L’Assemblée provinciale de Kinshasa est dominée numériquement par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui dispose de 12 députés provinciaux. Si la formation politique de Félix Tshisekedi est le premier parti du Parlement provincial, elle n’en est pas la première force. Avec ses 17 élus, le Front commun pour le Congo (FCC) a des arguments à faire valoir. Les deux entités qui ne sont pas parvenues à présenter un ticket commun pour l’élection du gouverneur tenteront des alliances avec d’autres partis et les quatre chefs coutumiers cooptés. Dans l’ensemble du pays, ces organes délibérants sont dominés par l’UDPS et le FCC.

Plusieurs ministres, mandataires et candidats malheureux aux élections législatives ont présenté leur candidature. Le nombre de sièges pour cette législature est passé de 108 à 109 avec l’entrée de Joseph Kabila, ancien président de la République, désormais sénateur à vie.

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