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Elections

Présidentielle au Nigeria : l’élection de ce samedi reportée à la dernière minute

Un homme devant le marché central de Kaduna, dans le nord du Nigeria, samedi 16 février 2019 après l'annonce du report des élections.

Un homme devant le marché central de Kaduna, dans le nord du Nigeria, samedi 16 février 2019 après l'annonce du report des élections. © Jerome Delay/AP/SIPA

Les élections présidentielle et législatives prévues ce samedi 16 février sont reportées à la semaine prochaine, a annoncé, tard dans la nuit de vendredi, la commission nationale électorale indépendante (INEC). Une décision in extremis vertement dénoncée par les Nigérians et les principaux candidats, qui s’accusent mutuellement d’intentions frauduleuses.

Dans la nuit de vendredi à samedi, à l’annonce d’une réunion d’urgence de l’INEC, le doute s’était emparé des Nigérians quant à l’organisation effective du scrutin. De folles rumeurs de report avaient embrasé les réseaux sociaux. Des bruits qui ont été confirmés tard dans la nuit, lors d’une conférence de presse de la commission électorale organisée à la suite de sa rencontre inopinée.


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Le report a été décidé « pour pouvoir garantir la tenue d’élections libres, justes et crédibles. Organiser le scrutin comme il était convenu n’est plus possible », a notamment déclaré le président de l’INEC, Mahmood Yakubu, invoquant des raisons logistiques, sans aucune autre précision.

Suspicions chez les électeurs et les candidats

L’INEC avait pourtant assuré, au cours de la dernière semaine de campagne, que le scrutin ne serait pas reporté, malgré l’incendie qui a dévasté trois de ses centres et le manque, voire l’absence, de bulletins de vote dans plusieurs États, dénoncé par l’opposition. Dans l’acheminement du matériel électoral vers les 120 000 centres de vote, la commission électorale semble manifestement avoir été débordée.

À l’annonce du report, c’est l’incompréhension et le mécontentement parmi les électeurs, qui ont investi les réseaux sociaux pour dénoncer ce que certains ont appelé un « coup de force électoral », suspectant même des « fraudes en préparation ». La plupart des 73 candidats en lice pour la présidentielle ont également exprimé leur déception.

Le parti au pouvoir soupçonne le candidat de l’opposition de vouloir gagner, lui qui n’a « jamais été prêt »

Les deux principaux favoris, le président sortant Muhammadu Buhari (76 ans) et le candidat de l’opposition Atiku Abubakar (72 ans), tous deux originaires du nord à majorité musulmane, s’accusent mutuellement de vouloir fomenter des fraudes. Le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), soupçonne le candidat de l’opposition de vouloir gagner, lui qui n’a « jamais été prêt », selon le communiqué diffusé par la formation de Buhari. Pour le Parti populaire démocratique (PDP) d’Atiku Abubakar, le report est une « provocation » – le PDP invitant toutefois ses militants au calme et à la patience.

Rencontre « d’information » ce samedi après-midi

La commission électorale devrait rencontrer ce samedi après-midi les différentes parties prenantes pour une concertation. « Ce sera sans doute une séance d’explication et d’information sur la gestion de la suite du processus électoral », explique à Jeune Afrique une source au sein de l’INEC.

La commission électorale a fixé au 23 février la tenue de la présidentielle et de l’élection des 360 députés de la Chambre des représentants et des 109 sénateurs. Le scrutin visant à désigner les gouverneurs, initialement prévu pour le 2 mars, est, lui aussi, reporté d’une semaine.


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Le Nigeria, première économie et premier exportateur de pétrole du continent africain, n’en est cependant pas à son premier report électoral surprise. En 2015, pour des raisons de sécurité liées à l’activisme de la secte terroriste Boko Haram dans le nord-est du pays, la présidentielle et les législatives avaient été repoussées de six semaines.

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