Politique économique

Tunisie-France : à Paris, Youssef Chahed plaide pour « moins de sous-traitance et plus de coproduction »

Le président français, Emmanuel Macron, et le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à Paris, le 15 février 2019. © Christophe Ena/AP/SIPA

Au troisième jour de son déplacement parisien, le chef du gouvernement tunisien a participé au 2e Forum économique franco-tunisien, organisé vendredi 15 février au Sénat, où l'ambition d'Emmanuel Macron de multiplier par deux les investissements français en Tunisie d'ici 2022 a été largement rappelée.

« En Tunisie sont installées 1 300 entreprises françaises qui emploient 240 000 personnes », a rappelé le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à l’ouverture du 2e Forum économique franco-tunisien, qui se tenait au Sénat français ce 15 février. Mais au-delà des chiffres, il a tenu à souligner les « nombreuses remontées de filières » qui ont été rendues possibles « par la qualité de la main-d’œuvre tunisienne », a-t-il estimé, avant d’ajouter que son pays consacre 17 % de son budget à l’éducation.


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« Nous voulons que la Tunisie soit une pépinière de compétences pour pouvoir prétendre au top 50 des économies les plus compétitives du monde d’ici deux à trois ans. Ce que nous demandons aux investisseurs étrangers, c’est d’être rapides, efficaces, audacieux, et de viser la coproduction plutôt que la sous-traitance », a poursuivi le responsable, après avoir vanté la qualité des infrastructures tunisiennes – « dans lesquelles le gouvernement investit 2 milliards d’euros par an » – et le contexte démocratique dont jouit son pays.

Énergie : « tout étudier, y compris le gaz de schiste »

Au cours de la rencontre, à laquelle étaient conviés quelque 400 acteurs économiques français et tunisiens, a été réaffirmée la volonté formulée par le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite d’État à Tunis, fin janvier, de multiplier par deux les investissements français en Tunisie. Les secteurs privilégiés sont ceux de la santé, de l’énergie, du numérique, du transport et de la logistique, de l’agroalimentaire et de l’environnement.

Si les intervenants des six tables rondes – ministres, dirigeants d’institutions (Caisse des dépôts et consignations de Tunisie, AFD), entrepreneurs (CMA CGM, Perenco, Systra…), conseillers en stratégie… – ont tous souligné le dynamisme des relations entre les deux pays, ils ont également évoqué « les freins à l’investissement » que constitue par exemple la lourdeur administrative – et notamment les formalités douanières encore non dématérialisées.


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Autre difficulté de la Tunisie, sa dépendance en matière énergétique, alors que Slim Feriani, ministre de l’Industrie, des PME et chargé du dossier de l’Énergie, affiche une ambition de production de 30 % des besoins du pays, soit 1 900 MW, en énergie propre (solaire et éolien) d’ici à 2030. « En 2018, la moitié de notre déficit budgétaire correspondait aux subventions accordées au secteur de l’énergie. Il faut que nous augmentions notre production, et pour cela nous devons étudier toutes les possibilités, y compris l’exploitation du gaz de schiste, qui reste encore taboue à ce jour », a estimé le ministre.

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