Environnement

[Chronique] Black Panther existe : un Britannique l’a photographié

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

leopard_noir_1000 © Damien Glez

De très rares clichés d’un léopard noir viennent d’être présentés par un photographe britannique. Rares ? Les avis sont partagés…

À l’heure du tout polémique, même les informations les plus bucoliques inspirent des controverses. Le 11 février dernier, le Britannique Will Burrard-Lucas mettait en ligne des photographies et des vidéos d’un léopard noir, flashé à l’état sauvage dans le comté kenyan de Laikipia, au nord de Nairobi.

Obtenues après des mois de traque et grâce à des appareils munis de capteurs spécifiques et de déclencheurs automatiques, les images sont à couper le souffle. Mais elles n’interpellent pas que par leur splendeur. Et si le félin est légendaire, ce n’est pas seulement parce qu’il aurait inspiré le super-héros Black Panther. C’est qu’il n’aurait été observé que très rarement dans son milieu naturel.

Emporté par son enthousiasme à la découverte des clichés de Burrard-Lucas, le docteur Nicholas W. Pilfold du zoo américain de San Diego se lance et affirme : « c’est la première fois que cet animal est photographié en Afrique depuis 1909 ». Son affirmation est rapidement contestée. Agacés par l’idée qu’un événement ne serait homologué que par les yeux d’un Occidental, des Kenyans assurent qu’un autre spécimen de léopard noir, également appelé Bagheera, avait été repéré, en août 2013, dans la réserve de gibier d’Ol-Jogi à Laikipia. Une autre de ces « panthères » aurait été recensée en 2018, dans une zone appelée Loisaba Conservancy.

Espèces en danger

La rareté de cet animal s’expliquerait par un gène qui ne concerne qu’une partie de l’espèce tachetée bien connue. Ce phénomène dit du mélanisme toucherait 11 % des léopards du monde, essentiellement en Asie du Sud-Est. Il aurait pour conséquence un surplus de pigments sur la peau ou le poil de l’animal, le rendant ainsi noir tacheté de… noir.

L’observation béate bien compréhensible des félins ébène ne doit pas faire oublier le sort de moins en moins enviable des espèces animales, même sur le continent réputé le plus sauvage. L’identification du lieu de vie de ces léopards noirs ne va-t-il pas donner des idées morbides aux braconniers toujours avides de rareté ?

En Zambie, les autorités annonçaient mercredi leur intention d’abattre 2 000 hippopotames, au cours des cinq prochaines années. Des animaux pourtant considérés comme « vulnérables » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les ONG contestent le prétexte de la surpopulation et dénoncent le lobbying des fournisseurs de trophées de chasse. Que les hippopotames se fassent greffer une corne et qu’ils s’expatrient : le nombre de rhinocéros tués en Afrique du Sud par les braconniers a reculé en 2018, pour la troisième année consécutive…

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