Elections

Présidentielle en Algérie : quelles stratégie et équipe pour le président candidat Bouteflika ?

Abdelmalek Sellal a dirigé les trois précédentes campagnes d'Abdelaziz Bouteflika (ici lors d'un meeting à Alger en 2014).

Abdelmalek Sellal a dirigé les trois précédentes campagnes d'Abdelaziz Bouteflika (ici lors d'un meeting à Alger en 2014). © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Après l’officialisation dimanche 10 février de sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril, le chef de l’État sortant s’est entouré d’une équipe de fidèles dirigée par son ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, afin de vanter ses réalisations et de promettre des réformes. Les détails.

L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal est de retour. Il a investi le terrain, en tant que directeur de campagne du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, candidat à un cinquième mandat, avant même le coup d’envoi officiel de la campagne électorale, prévu à la fin du mois de mars prochain. Depuis le début de semaine, celui qui a dirigé les campagnes électorales de ce dernier lors des présidentielles de 2004, 2009 et 2014 s’échine à motiver les organisations de masse qui lui sont fidèles. « C’est une stratégie pour ne pas laisser le champ libre aux opposants à la candidature du chef de l’État », explique à Jeune Afrique un membre de l’équipe.


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Mardi 12 février, l’ancien chef du gouvernement – qui s’est éclipsé de la scène politique depuis son limogeage en mai 2017 – s’est déplacé au siège de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) pour exposer les engagements du chef de l’État pour le quinquennat 2019-2024. Ce jeudi matin, c’est à l’imposante Maison du peuple, qui abrite les bureaux de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), qu’il a fait une halte. Devant des travailleurs ramenés des quatre coins du pays, essentiellement des employés de Sonatrach, Naftal et de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL), il a réitéré l’engagement du président candidat à entreprendre de profondes réformes dans les domaines politique et économique, ainsi qu’à réviser la Constitution.

La direction de campagne de Bouteflika fonde sa stratégie sur la mise en valeur des « réalisations » du président (la réconciliation nationale, l’officialisation du tamazight et l’institution comme jour férié de Yennayer, le nouvel an amazigh, sont particulièrement citées), la banalisation de son état de santé et la minimisation de l’ampleur du front qui lui dénie la légitimité de continuer à conduire les affaires de l’État. « Regardez autour de vous. Voyez-vous un refus massif du cinquième mandat ? Non. Il y a certes des opposants, mais ils ne nous dérangent pas », a déclaré Abdelmalek Sellal.

Tous les partis de l’Alliance représentés

Pour mener à bien sa mission, Sellal s’est principalement entouré de ses ex-proches collaborateurs au Premier ministère, ainsi que d’anciens ministres. Par souci d’équité, chaque parti de l’Alliance présidentielle (FLN, RND, MPA et Taj) a désigné ses représentants.

Le Rassemblement national démocratique (RND), dirigé par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a confié cette mission à un membre du bureau politique du parti, Khaldi Boumediene, tandis que Tajamou Amal el-Jazaïr (Taj) d’Amar Ghoul a délégué Nabil Yahiaoui. Le Mouvement populaire algérien (MPA) est représenté par son président Amara Benyounès, qui chapeaute la direction de la communication. Il est assisté dans cette tâche par Habib Chawki Hamraoui, ex-ministre de la Culture et de la communication dans les années 1990 puis directeur général de la télévision nationale au cours de la décennie suivante.

Abdelmalek Sellal a rappelé, en outre, son directeur de la communication du temps où il occupait le palais du gouvernement, Belkacem Mellah

Mustapha Karim Rahiel, membre du directoire du FLN et ex-chef de cabinet de Sellal, supervise l’organisation générale de la campagne électorale. Amar Tou et Rachid Harraoubia, anciens membres du gouvernement, sont chargés de l’établissement du calendrier et de la logistique des meetings, tandis que leurs collègues Abdelkader Ouali et Abdelmalek Boudiaf gèrent les relations entre les partis politiques soutenant le cinquième mandat. Abdelmalek Sellal a rappelé, en outre, son directeur de la communication du temps où il occupait le palais du gouvernement, Belkacem Mellah, auquel il a confié la mission de fédérer les associations et les organisations de masse.

Lamamra nommé conseiller diplomatique

Annoncé par les médias algériens comme membre du staff de campagne, Ramtane Lamamra n’en fera pas partie, selon son entourage à Jeune Afrique. Chef de la diplomatie entre septembre 2013 et mai 2017, il a été nommé ce jeudi ministre d’État et conseiller diplomatique du président. S’il ne rejoindra pas officiellement l’équipe conduite par Abdelmalek Sellal, l’homme ne fera pas moins campagne en faveur du cinquième mandat, notamment à l’étranger.


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« Lamamra interviendra notamment dans les médias pour évoquer le volet diplomatique de la campagne du candidat Bouteflika, ainsi que dans la conférence de consensus nationale que ce dernier s’est engagé à mettre en place avant la fin de l’année », confie encore cette source autorisée.

C’est donc quasiment la même équipe qui avait mené la campagne pour le quatrième mandat en 2014 qui a été reconduite. Les chefs de partis de la coalition présidentielle, ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement et probablement des ministres en exercice, animeront quant à eux des meetings de soutien à Abdelaziz Bouteflika. Les structures de base du FLN, du RND, du Taj et du MPA seront mobilisées pour animer des rencontres de proximité.

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