Politique

Rébellion au Tchad : Idriss Déby Itno entame une visite dans l’Est

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Mis à jour le 13 février 2019 à 11:15

Idriss Déby Itno, au palais présidentiel à N’Djamena en 2016.

Ce déplacement présidentiel survient quelques jours après la percée de rebelles armés menés par le neveu du chef de l’État. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ces derniers voulaient « prendre le pouvoir par les armes ».

« Le président effectue cette visite pour s’enquérir de la situation sur le terrain », a indiqué une source à la présidence tchadienne. Idriss Déby Itno, accompagné du ministre de la Défense, Daoud Yaya, et de celui de la Sécurité, Mahamat Abba Ali Salah, a quitté N’Djamena mardi 12 février en début d’après-midi.

Le même jour, un décret présidentiel a été lu sur les ondes de la radio nationale portant sur la nomination de plusieurs commandants de légions de gendarmerie, dont ceux des chefs-lieux des trois régions troublées du Nord : Bardai, Faya-Largeau, Fada.

Ces annonces surviennent après l’incursion début février dans le nord-est du Tchad du groupe armé Union des forces de la résistance (UFR), emmené par le neveu du président Déby, Timan Erdimi. À la demande de N’Djamena, la France a annoncé avoir procédé à trois reprises à des frappes de Mirage 2000 contre la colonne de pick-up.

« Coup d’État »

Devant l’Assemblée nationale française mardi,  le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a évoqué  une tentative de « coup d’État » à l’encontre du pouvoir tchadien. « Il y a eu une attaque d’un groupe rebelle venu du sud libyen, qui est déstabilisé, pour prendre le pouvoir par les armes à N’Djamena et le président Déby nous a demandé par écrit une intervention pour éviter ce coup d’État venu du sud libyen, et pour protéger son propre pays », a-t-il dit à l’Assemblée nationale, confirmant les informations de Jeune Afrique.

Cette intervention française « est tout à fait conforme au droit international », a répété le ministre français face aux parlementaires français.

« Une bataille est perdue mais pas la guerre », a estimé lundi Youssouf Hamid, porte-parole de l’UFR. Le groupe armé a toutefois jugé « fantaisiste » l’annonce, par l’armée tchadienne, de l’arrestation de « plus de 250 terroristes, dont quatre principaux chefs ».

Selon l’UFR, seuls une « trentaine » de rebelles ont été faits prisonniers après s’être réfugiés dans une grotte à la suite des bombardements français.