Football

Gabon : sans salaire et sans contrat depuis des mois, le sélectionneur des Panthères pourrait jeter l’éponge

Daniel Cousin en 2012, en sélection nationale gabonaise. © Francois Mori/AP/SIPA

À quelques mois de la CAN, Daniel Cousin, le sélectionneur des Panthères du Gabon, n’a ni contrat, ni salaire. Et attend toujours qu’une grosse partie des revenus qu’il aurait dû toucher à l’époque où il était manager général de l’équipe nationale soient payés…

Le 22 mars prochain, le Gabon jouera gros à Bujumbura, face aux Hirondelles du Burundi. Les Panthères devront impérativement s’imposer pour disputer la phase finale de la Coupe d’afrique des Nations 2019 en Égypte (21 juin-19 juillet), dans un groupe où le Mali a déjà assuré sa qualification. Les Gabonais ne savent toujours pas s’ils pourront compter sur leur buteur et capitaine Pierre-Emerick Aubameyang (Arsenal), dont les relations avec la Fédération sont polaires.

Mais à un peu plus d’un mois de cette échéance capitale, un autre problème vient empoisonner un contexte déjà tendu. Il concerne Daniel Cousin (42 ans), un des plus grands joueurs de l’histoire du football gabonais, ex-capitaine des Panthères (55 sélections, 11 buts), passé notamment par la France (Niort, Le Mans, Lens), l’Écosse (Glasgow Rangers), l’Angleterre (Hull City) et la Grèce (Larissa).

L’ancien attaquant avait été nommé sélectionneur en septembre 2018, après le limogeage de l’Espagnol José Antonio Camacho. Depuis cette date, Daniel Cousin n’a pas signé de contrat de sélectionneur, alors que cela devait être le cas au mois de novembre 2018, comme l’avait prévu Alain-Claude Bilie-By-Nzé, le ministre des Sports. Et il n’a toujours pas touché le moindre salaire.

Courrier sans réponse

Mais cela fait beaucoup plus longtemps que le sélectionneur gabonais n’a pas vu arriver le moindre euro sur son compte en banque. Selon nos informations, recoupées par plusieurs sources, Daniel Cousin cumulera le 28 février prochain trente mois d’arriérés de salaire. Car avant de s’installer sur le banc de touche des Panthères, il occupait les fonctions de manager général de la sélection. Un premier mandat (juin 2014-juin 2016), avec huit mois d’impayés, puis un second de seize mois, de juillet 2016 à sa nomination au poste de sélectionneur.

Début février, l’avocat de Daniel Cousin a adressé un courrier au ministre des Sports, afin de lui rappeler ses engagements contractuels et de lui demander la régularisation de la situation. Cette missive est à ce jour restée sans réponse. Le sélectionneur, qui est actuellement à Marseille, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Une présence à Bujumbura remise en question

Mais dans l’entourage de la sélection et parmi ses proches, la situation le crispe un peu plus chaque jour. « C’est un professionnel, il a fait abstraction de tout cela pour diriger la sélection lors des trois derniers matches des qualifications pour la CAN (victoires 3-0 et 1-0 face au Soudan du Sud, défaite 0-1 contre le Mali, ndlr), mais ce n’est pas acceptable de travailler dans ces conditions. Ce n’est pas du bénévolat », explique un familier du dossier.

Le sélectionneur commencerait même à se poser des questions sur sa présence à Bujumbura, en mars prochain. « À chaque match de la sélection, Daniel Cousin en parle au ministre, au président de la Fédération (Pierre-Alain Mounguengui, ndlr). À chaque fois, on lui répond que ce sera bientôt réglé, mais il ne se passe rien », souffle un proche de la sélection.

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