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Cet article est issu du dossier «Démission de Bouteflika : les six semaines qui ont ébranlé l'Algérie»

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Elections

Présidentielle en Algérie : vers une candidature commune de l’opposition ?

Abdallah Djaballah, président du parti FJD, a relancé début février l'idée d'une candidature commune de l'opposition. © YouTube/EchorouknewsTV

Le président du Front de la justice et du développement (FJD), Abdallah Djaballah, a entamé lundi 4 février une série de consultations en vue de présenter une candidature commune au prochain scrutin présidentiel. Objectif : rallier à l'idée Ali Benflis, le général Ali Ghediri et l'islamiste Abderrazak Makri. Un défi qui ne s’annonce pas du tout gagné.

Selon nos sources, Abdallah Djaballah compte organiser dans les prochains jours une large rencontre de l’opposition qui mettra sur la table deux options : soit arriver à s’entendre sur une candidature commune de l’opposition, qui éviterait l’éparpillement des voix pour faire barrage à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika ; soit se prononcer en faveur d’un boycott collectif.

Sans perdre de temps, Djaballah a rencontré, le jour même de l’annonce de son initiative, l’ex-chef de gouvernement Ali Benflis. Ce dernier – qui n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, attendant de voir si l’actuel chef de l’État se représente – n’a pas rejeté l’offre d’un débat sur la question.


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« Ali Benflis n’a jamais rejeté une quelconque initiative, soutient un cadre de son parti, Talaie El Hourriyet. Il écoute et avisera par la suite. On va voir si Djaballah va réussir à resserrer les rangs de l’opposition. Il tente, mais est-ce qu’il va pouvoir le faire ou pas, on ne peut pas en préjuger pour l’instant.”

Ghediri déterminé à présenter sa candidature

Le président du FJD a également rencontré, jeudi 7 février, Ali Ghediri. Selon son entourage, le général major à la retraite s’est montré ouvert à l’idée d’un débat sur la question, sans toutefois s’engager davantage. « Ghediri n’a jamais dit qu’il était franchement pour une candidature unique de l’opposition, contrairement à ce que Djaballah prétend. Mais il ne pouvait pas fermer non plus la porte au débat », confie l’un de ses proches à Jeune Afrique.

Je défie ce système, c’est lui ou moi, ne cesse de marteler cet ancien directeur des ressources humaines au ministère de la Défense

D’après la même source, Ali Ghediri est déterminé à perturber un scénario qu’il considère écrit d’avance. « Je défie ce système, c’est lui ou moi », ne cesse de marteler cet ancien directeur des ressources humaines au ministère de la Défense, qui est depuis quelques semaines l’attraction principale de la scène politique. Celui qui prône « la rupture sans reniement » n’a donc pas l’intention pour l’instant d’abandonner sa candidature personnelle à l’élection présidentielle du 18 avril prochain.

Makri prêt à discuter

Pour sa part, Abderrazak Makri a expliqué à Jeune Afrique qu’il n’a pas encore été contacté par Abdallah Djaballah : “J’ai appris l’existence d’une telle démarche par le biais de la presse. Je n’ai aucune idée de son contenu. Je ne suis pas foncièrement contre l’idée d’une candidature unique de l’opposition, mais on doit d’abord discuter des chances pour faire aboutir cette initiative, et évaluer comment procéder.”


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Selon Makri, le MSP était le premier à défendre l’option d’une candidature unique. « Cela fait des mois qu’on travaille sur ce projet. Notre proposition est d’arriver à une vision politique et économique ainsi qu’une candidature consensuelles », développe Abderrazak Makri, qui se dit prêt à « écouter Djaballah, et même à adhérer à une proposition similaire à celle de son parti si elle a plus de chances d’aboutir ».

L’idée n’est toutefois pas nouvelle. En début d’année, Jil Jadid, le parti de Soufiane Djilali, avait également appelé l’opposition à désigner son candidat à la présidentielle en coordination avec la société civile, les syndicats autonomes, les associations et certains personnalités influentes. Sa proposition n’a pas reçu l’adhésion escomptée. Mohcine Bellabès, président du RCD, avait répliqué à l’époque que son parti n’était pas « à la recherche d’un candidat unique de l’opposition, mais d’une élection ouverte organisée par une instance indépendante ».

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