Football

Après sa débâcle, le Club africain soupçonne le TP Mazembe d’avoir intoxiqué ses joueurs

Les joueurs du TP Mazembe à Osaka, le 16 décembre 2015. © Eugene Hoshiko/AP/SIPA

Le Club africain de Tunis a subi à Lubumbashi une véritable humiliation, samedi dernier en Ligue des champions (0-8). Les Tunisiens ont fait passer des tests médicaux à tous leurs joueurs, pour tenter d’expliquer ce naufrage. En RDC, l’initiative passe mal…

C’est un record dont le puissant Club africain (CA) se serait bien passé : celui de la plus lourde défaite de l’histoire de la phase de groupes de la Ligue des champions. Cela s’est produit samedi à Lubumbashi, face aux Corbeaux du TP Mazembe. Ce naufrage est vécu comme un véritable cauchemar par les supporteurs clubistes, peu habitués à ce genre de scénario.

Avant le match, Chiheb Ellili, le coach tunisois, avait évoqué une « véritable finale » entre les deux favoris du groupe C, où figure également le CS Constantine – les Égyptiens d’Ismaily ont été exclus après une journée à cause du comportement violent de certains fans lors de la rencontre face au Club africain, le 18 janvier dernier. Le technicien a depuis démissionné, à peine le pied posé sur le tarmac de l’aéroport international de Tunis-Carthage. « Sa situation était intenable. Il ne pouvait pas rester à son poste car ici, la pression populaire est énorme », explique un proche du club.

Des analyses médicales en cours

Ellili n’est plus en fonction, mais les dirigeants du CA cherchent à trouver des explications à cette humiliation mémorable. Dès lundi, tous les joueurs qui avaient effectué le voyage en République démocratique du Congo ont été invités à passer une visite médicale. Une façon à peine déguisée de vérifier si rien, dans la nourriture ou l’eau consommées à Lubumbashi, n’aurait provoqué l’effondrement des Tunisiens à Kamalondo.

Les premières analyses effectuées dans un laboratoire de Tunis n’ayant rien révélé de suspect, des échantillons ont été expédiés dans un laboratoire français

Les premières analyses effectuées dans un laboratoire de Tunis n’ayant rien révélé de suspect, des médias locaux ont cependant affirmé que des échantillons de trois joueurs avaient été expédiés dans un laboratoire français, afin que des tests plus poussés soient effectués. Jeune Afrique a réussi à joindre mardi après-midi Hamza Oueslati, vice-président de la section football du Club africain, lequel, après nous avoir demandé de le recontacter un peu plus tard, n’a finalement plus répondu à nos sollicitations.

Une attitude « vexante » pour le TP Mazembe

Mais l’attitude des dirigeants du Club africain n’est pas vraiment du goût de responsables congolais. « C’est vexant. Ce n’est pas une attitude normale de chercher à expliquer cette défaite par ce type d’arguments », lâche Salomon Idi Kalonda Della, le directeur financier du club, en exil à Bruxelles avec Moïse Katumbi, le président des Corbeaux.


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À Lubumbabsi, Frédéric Kitengie, le directeur sportif, rappelle les conditions du déplacement du Club africain au Katanga. « Les Tunisiens sont arrivés le jeudi matin, deux jours avant le match, dans un avion militaire de plus de 100 places, avec une délégation d’une quarantaine de personnes, dont leur chef cuisinier. Ils avaient apporté leur nourriture et leur eau minérale. Le Club africain était logé au Grand Karavia Hôtel, un établissement 5 étoiles, le plus luxueux de la ville. Que l’on vienne m’expliquer comment des gens du TP Mazembe auraient pu endormir leur chef cuisinier pour glisser des substances illicites dans la nourriture ou l’eau. Le match a été retransmis, et je crois que personne n’a vu les joueurs tunisiens somnoler sur le terrain », s’agace le dirigeant.

Mardi 12 février prochain, les deux équipes se retrouveront au stade de Radès, dans la banlieue de Tunis, pour le match retour. « On s’attend à un accueil particulier, mais nous avons l’habitude », ajoute Kitengie, pour qui « les allégations des dirigeants tunisiens portent atteinte à l’image du TP Mazembe ».

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