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Sénégal : Abdoulaye Wade appelle à s’opposer à la tenue d’une présidentielle « verrouillée »

L'ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, dans une vidéo diffusée mardi 5 février.

L'ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, dans une vidéo diffusée mardi 5 février. © Capture d'écran YouTube

L’ex-président sénégalais a appelé la population à s’opposer pacifiquement à la tenue d’une présidentielle « verrouillée », destinée selon lui à reconduire son successeur, Macky Sall. Il a également évoqué son retour au Sénégal, annoncé pour le jeudi 7 février.

Abdoulaye Wade n’a pas mâché ses mots. Dans une vidéo diffusée trois jours après le début de la campagne officielle, l’ex-président a dénoncé l’élimination par le Conseil constitutionnel, « sous des prétextes fallacieux », des « deux candidats qui pouvaient faire de l’ombre au président sortant » : son propre fils, Karim Wade, et l’ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, tous deux frappés par des condamnations judiciaires.

« Nous avons choisi de nous opposer à la tenue d’une élection entièrement fabriquée dans le seul but de faire réélire le président sortant », a déclaré Abdoulaye Wade, 92 ans. L’ex-président, au pouvoir entre 2000 et 2012, a également évoqué son prochain retour au Sénégal. Celui-ci est annoncé le 7 février par son entourage.

Réquisitoire sévère

Après avoir dressé un sévère réquisitoire contre son successeur, accusé d’avoir instauré un régime d’une « gloutonnerie financière sans précédent » et d’avoir mis la magistrature à son service, Abdoulaye Wade a donné ses consignes, appelant les Sénégalais à « faire en sorte qu’il n’y ait pas de scrutin ».

« Notre action sera pacifique, respectueuse de la loi et des règlements », a-t-il toutefois souligné. Avant d’expliquer que la formation qu’il a fondée, le Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition), préparait, avec d’autres tendances de l’opposition, un « programme d’actions d’ici au 23 février, dans la journée du 24 février et au-delà ».


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L’ex-président a également dénoncé le système des parrainages citoyens instauré pour cette élection, dont n’ont émergé, outre Macky Sall, que quatre candidats : l’ex-Premier ministre Idrissa Seck, l’ex-ministre Madické Niang, et deux députés élus en 2017, l’ancien fonctionnaire Ousmane Sonko et Issa Sall, chef d’un parti proche de la mouvance religieuse.

« Surmonter son entêtement »

Abdoulaye Wade, qui vit habituellement en région parisienne, a demandé à Macky Sall de « surmonter son entêtement », quitte à reporter « si nécessaire » le scrutin pour discuter avec l’opposition. Car selon l’ex-président, le chef de l’État a créé « de graves dangers de déstabilisation du Sénégal dans la violence » en visant une réélection « au premier tour ». Il a notamment cité en exemple les cas de la Côte d’Ivoire, du Burundi ou encore de la RDC.

Fin janvier, une coalition de l’opposition comprenant la plupart des candidats éliminés par le système des parrainages avait lancé un appel à la « confrontation » et à la « mobilisation » contre le « plan de réélection frauduleuse de Macky Sall au premier tour », resté sans écho. En 2015 déjà, Abdoulaye Wade avait appelé à la mobilisation en cas de condamnation de son fils Karim, sans parvenir à mobiliser les foules.

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