Politique

Soudan : Béchir essaie de convaincre face à la fronde et promet le développement en milieu rural

Le président soudanais Omar el-Béchir, lors d'un discours à Djouba en janvier 2014.

Le président soudanais Omar el-Béchir, lors d'un discours à Djouba en janvier 2014. © Ali Ngethi/AP/SIPA

Le président soudanais Omar el-Béchir a promis dimanche 3 février d’apporter le développement en milieu rural, au moment où les villes et villages du pays sont secoués par des manifestations antigouvernementales.

Béchir, au pouvoir depuis 1989, a cherché ces dernières semaines à mobiliser ses soutiens en organisant des rassemblements à travers le Soudan face à une contestation démarrée le 19 décembre qui constitue le plus grand défi à son régime en trois décennies.

S’adressant à des centaines de villageois dans l’Etat du Kordofan-Nord, il a promis ce 3 février de fournir de l’eau potable aux régions rurales « à travers le Soudan » et d’ouvrir un nouvel hôpital dans cette région. Ce discours, retransmis à la télévision, a été prononcé dans la foulée de l’inauguration d’une nouvelle autoroute de 340 km reliant l’Etat du Kordofan-Nord à Omdourman, ville-jumelle de la capitale Khartoum.

« Construire une telle route dans les conditions économiques actuelles n’est pas facile à accomplir », a affirmé Béchir, après avoir été escorté sur une scène par une dizaine d’hommes à dos de chameau. « Le long de cette route, nous allons apporter de l?électricité pour stimuler la croissance de la région », a-t-il ajouté.

Lors d’un deuxième rassemblement dans le même Etat, M. Béchir s’est exprimé devant des centaines de villageois brandissant des portraits de lui et des drapeaux soudanais.

« Les jeunes, pour qui nous avons construit des universités, doivent être prêts à poursuivre la mission de construction d’un nouveau Soudan », a-t-il dit.

En soirée, Béchir s’est adressé à un autre rassemblement de centaines d’hommes et de femmes, dont des étudiants, dans un stade en plein air à Al-Obeid, où les autorités ont réhabilité un hôpital.

« Les malades vont souvent en Angleterre, en Inde ou en Jordanie pour des opérations, mais nous pouvons les faire à Al-Obeid », a-t-il lancé à la foule. Les manifestations déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain se sont transformées en mouvement de contestation réclamant le départ de Béchir. Depuis des années, les Soudanais font face à des difficultés économiques croissantes. Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et plusieurs villes souffrent de pénuries de pain et de carburant.

Selon un bilan officiel, trente personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations. L’ONG Human Rights Watch (HRW) parle de 51 manifestants tués. Les tentatives du pouvoir de rassembler des soutiens ont jusque-là échoué à endiguer la vague de mécontentement et l’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a appelé à de nouvelles manifestations dimanche soir.

Après des semaines de contestation, les autorités soudanaises ont annoncé le 29 janvier la libération de toutes les personnes détenues dans le cadre des manifestations.

A Omdourman, un groupe de manifestants à répondu à l’appel en défilant aux cris « révolution, révolution », selon des témoins. Le chef de l’Etat et d’autres responsables soudanais ont répété que seule une élection pourrait assurer un changement du pouvoir. M. Béchir envisage de briguer un troisième mandat lors de l’élection prévue en 2020.

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