Elections

Niger – Ambitions présidentielles et franc CFA : pourquoi Hassoumi Massaoudou a été limogé

Hassoumi Massaoudou (Niger), ministre de l'Economie et des Finances. A Paris, le 17.11.2016. © Vincent Fournier/JA. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Hassoumi Massaoudou a été limogé jeudi de son poste de ministre des Finances du Niger. Il paie notamment ses ambitions pour la présidentielle de 2021.

« Il y avait une ligne rouge et Massaoudou l’a franchie ». Au sein du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir), on ne se fait guère d’illusions sur les raisons du limogeage d’Hassoumi Massaoudou, le désormais ex-ministre des Finances. Remplacé jeudi par Mahamadou Diop, ancien cadre de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), Massaoudou « essayait depuis plusieurs mois d’entretenir une dissidence au sein du parti », confie une source au PNDS.

Le cas Massaoudou est un exemple d’indiscipline pour le parti

Plusieurs de ses soutiens faisaient notamment activement campagne pour sa candidature à la présidentielle de 2021. Or, le congrès d’investiture pour l’élection à la magistrature suprême – à laquelle l’actuelle président Mahamadou Issoufou ne peut constitutionnellement pas se représenter – ne doit avoir lieu qu’au deuxième semestre 2020. « Même Mohamed Bazoum [l’actuel patron du PNDS et ministre de l’Intérieur, pressenti comme un candidat potentiel pour 2021, NDLR] n’a pas encore affiché officiellement ses ambitions. Le cas Massaoudou est un exemple d’indiscipline pour le parti », poursuit notre source en interne.

Un soutien au franc CFA qui dérange

Bazoum et Massaoudou, qui reste secrétaire général du PNDS, ont la particularité d’avoir tous deux occupé la quasi-totalité des grands ministères nigériens, et leurs noms sont les plus régulièrement cités dans la course à la succession d’Issoufou.

Hassoumi Massaoudou, ancien ministre de la Défense, de la Communication et de l’Intérieur, qui ne s’est pas pour autant déclaré officiellement, a-t-il souhaité prendre de vitesse le congrès d’investiture pour rattraper son retard sur Mohamed Bazoum ?

‘ »Seul le président Issoufou, qui a pris la décision, connaît les raisons du limogeage », explique un proche de la présidence. Une chose est sûre : au-delà de la course à la succession, Hassoumi Massaoudou a sans doute également payé sa récente intervention en faveur du franc CFA, au micro de RFI. Il y estimait que cette monnaie garantissait le pouvoir d’achat des Africains et la stabilité des économies.

2021 : la course est lancée

Son interview avait fait grincer des dents au sein du palais présidentiel. Mahamadou Issoufou est en effet membre de la « task force présidentielle » en faveur de la création d’une monnaie unique ouest-africaine à l’horizon 2020, qui remplacerait le franc CFA. Il est même, avec Nana Akufu-Addo, son homologue ghanéen, le principal animateur du projet, malgré les réticences du voisin nigérian.

Massaoudou va-t-il rentrer dans le rang ? « On ne punit pas l’ambition, mais il y a un timing à respecter. Le PNDS est très attaché au respect de ses textes », confie-t-on au PNDS. « Son limogeage est une leçon ».

Une « leçon », certes, mais sans doute aussi le lancement officiel de la course pour 2021.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte