Justice

Côte d’Ivoire : d’anciens ministres de retour d’exil veulent « préparer le retour triomphal de Laurent Gbagbo »

Laurent Gbagbo à son arrivée dans la salle d'audience de la CPI, le 15 janvier 2019.

Laurent Gbagbo à son arrivée dans la salle d'audience de la CPI, le 15 janvier 2019. © Peter Dejong/AP/SIPA

Soixante-dix personnalités favorables à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui s’étaient exilées au Ghana à la suite de la chute de leur mentor en avril 2011, sont rentrés jeudi à Abidjan.

C’est la fin de huit ans d’exil pour ces responsables politiques, parmi lesquels cinq étaient ministres du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo, non reconnu par la communauté internationale. Et la date choisie pour leur retour n’est pas anodine. Il est en effet intervenu à la veille de l’ouverture des audiences sur l’appel du Procureur contre la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de remettre en liberté Laurent Gabgbo et Charles Blé Goudé, ce vendredi à La Haye.

Ils étaient attendus à 15 h, ils sont arrivés à la tombée de la nuit. En cause : plusieurs haltes forcées, du fait de militants venus – spontanément ou à l’initiative de responsables politiques locaux – leur réserver un accueil triomphal dans les principales villes traversées par le cortège encadré par des éléments des forces de l’ordre ivoiriens.


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Dans le quartier chic de la Riviera Golf, à Abidjan, la résidence du couple Gbagbo a été prise d’assaut dès le début de l’après-midi par des centaines de partisans de l’ancien président. Assise au milieu de la vaste cour sous une bâche, Simone Gbagbo, tout sourire, était entourée de plusieurs responsables du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo). La maîtresse des lieux a pris soin de faire tresser des couronnes de notables akan (important groupe ethnique du pays, dont elle est issue) à chacun des cinq anciens ministres.

« C’est nous tous qui sommes acquittés »

« Ce n’est pas à cause de l’amnistie [décrétée par Alassane Ouattara en août dernier, ndlr] que nous sommes venus. C’est parce que notre chef a été acquitté et quand il est acquitté, c’est nous tous qui sommes acquittés. Nous sommes venus nous mettre à la disposition du parti, nous sommes venus pour préparer le retour triomphal du président Laurent Gbagbo », a lancé, ému, Émile Guiriéoulou.


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Porte-parole des exilés de retour, celui qui fut ministre de l’Intérieur du Premier ministre – non reconnu par la communauté internationale – Gilbert Aké N’Gboil, a prononcé un long discours dans lequel il est revenu sur les circonstances de leur fuite d’Abidjan, sur leur organisation lors de l’exil au Ghana voisin. Il a également détaillé les conditions matérielles de son retour, facilité par les autorités, en collaboration avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Outre Émile Guiriéoulou, quatre autres anciens ministres du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo sont rentrés jeudi : Angèle Gnonsoa, du Parti ivoirien des travailleurs (PIT de Francis Wodié), Lazare Koffi Koffi et Thomas Yao N’Guessan.

Avec ce retour, le contingent des pro-Gbagbo en exil se réduit. Cependant, les derniers cercles n’ont pas encore communiqué sur la date de leur retour. Parmi eux, des caciques, comme l’ex-ministre Justin Katinan Koné ou Damana Adia – dit Pickas -, exilés au Ghana. Même chose pour Stéphane Kipré, beau-fils de Laurent Gbagbo ou Eric Kahé, ex-ministre de ce dernier qui, comme les artistes Gadji Cély et Serges Kassy sont pour leur part exilés en France. « Rien ne les empêche de rentrer », assure-t-on du côté du pouvoir.

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