Justice

Cameroun : Maurice Kamto n’a toujours pas été notifié des motifs de son arrestation

Maurice Kamto, le 8 octobre 2018 à son QG de Yaoundé. © REUTERS/Zohra Bensemra

Les charges ayant conduit à l’arrestation de l'opposant Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), demeurent inconnues. Ses avocats dénoncent une « procédure illégale ».

Plus de vingt quatre heures après son interpellation à Douala, Maurice Kamto n’avait,  ce mercredi matin, toujours pas été notifié des raisons de son arrestation, a appris Jeune Afrique de sources concordantes. Les avocats du président national du MRC affirment par ailleurs avoir été empêchés de rencontrer leur client, qui n’a eu droit qu’à une visite d’un membre de sa famille depuis son transfert à Yaoundé.

Dans les locaux du GSO

Maurice Kamto a passé sa deuxième nuit de garde à vue dans les locaux du Groupement d’intervention opérationnel (GSO), où il a dormi sur un matelas posé sur le sol. Si tout indique que  l’opposant camerounais n’a subi aucune violence physique, sa nuit aurait été perturbée à plusieurs reprises par les agents du GSO, « parfois pour des raisons fallacieuses », indique l’un de nos sources, sous couvert d’anonymat.


>>> À LIRE – Cameroun : indignation de l’opposition après l’arrestation de Maurice Kamto


« Il s’agit ni plus ni moins d’une arrestation arbitraire. Sinon, comment peut-on interpeller quelqu’un à son domicile, le placer en garde à vue, avant de chercher le motif de sa détention ? », a dénoncé Olivier Bibou Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto, joint mercredi par Jeune Afrique.

Dans un communiqué rendu public le 29 janvier, l’ONG Amnesty international a dénoncé une « intensification de la répression à l’encontre de l’opposition et des militants des droits de l’homme au Cameroun », réclamant une libération « sans conditions des personnes arrêtées.

Vers un front commun de l’opposition ?

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun, dont deux des membres, Theodore Tchopa et David Eyegueont, été interpellés alors qu’ils couvraient l’arrestation du leader du MRC, a demandé leur libération immédiate. « Leur interpellation est le fait d’une confusion », a regretté le syndicat dans un communiqué, rappelant que « le terrain demeure la principale source d’information du journaliste et sa présence en ce lieu ne saurait être considérée comme un crime ».

Passée la vague d’indignation qui s’est levée dans les heures qui ont suivi les arrestations, les acteurs de l’opposition envisagent désormais rallier le MRC lors du second acte de la « marche blanche », annoncé pour le samedi 2 février. Plusieurs responsables du  Social Democratic Front (SDF) et du Cameroon People Party (CPP) se sont dit prêts à rejoindre ce mouvement, ce qui augure de nouvelles manifestations agitées à travers le pays. « Nous attendons la réaction des partis politiques afin d’arrêter ensemble la stratégie pour la poursuite victorieuse des « marches blanches » engagées depuis le 26 janvier et qui se poursuivront les 2 et 9 février 2019 », peut-on lire dans un communiqué du MRC diffusé ce mercredi.

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