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Les privatisations à la loupe

Par - Marianne Meunier
Mis à jour le 25 septembre 2006 à 16:32

Seize ans après le lancement du processus, la vague de cessions des entreprises publiques entre dans sa phase finale.

Privatisations : voilà une petite musique que les Camerounais connaissent bien. Cela fait seize ans qu’elle rythme les discours officiels, ponctue les rapports des institutions financières internationales, nourrit les craintes des salariés et les éditos des quotidiens. Lancée par l’ordonnance du 22 juin 1990 dans l’espoir d’un « redressement économique et financier » du pays, la lourde machine de cession des entreprises publiques et parapubliques doit permettre à l’État de se concentrer sur ses fonctions régaliennes et à l’économie nationale de devenir plus concurrentielle. Seize ans après, au gré des pressions de Bretton Woods, des échéances électorales, de la complexité des opérations et de l’intérêt des acquéreurs, le processus approche de son terme.
Sur 36 entreprises concernées par une cession au secteur privé, 24 ont été aujourd’hui effectivement vendues, rappelait Bassoro Aminou, président de la Commission technique de privatisations et de liquidations (CTPL), le 18 août dernier. En 1997, Camsuco, entreprise de culture et de transformation de la canne à sucre, tombe dans l’escarcelle de Sosucam (détenue à 72 % par le français Somdiaa) ; en 1999, Hevecam – culture de l’hévéa – tombe dans celle de l’indonésien GMG ; en 2001, la Sonel – Société nationale d’électricité – entre dans le giron de l’américain AES Au grand dam de certains salariés et des pourfendeurs de la mondialisation, un grand nombre d’entreprises sont entre les mains d’investisseurs étrangers.
Ayant commencé par s’enliser, le processus s’est brusquement accéléré à la fin des années 1990, une fois le cadre juridique fixé (adoption d’une loi régissant l’activité commerciale, nouveau code des investissements, etc.).
Aujourd’hui, sept grandes entreprises attendent encore de connaître leur sort (cinq ayant été liquidées) : Camtel, Snec (Société nationale des eaux du Cameroun), Camair, Sodecoton, Cameroon Development Corporation (CDC), SCDP (Société camerounaise des dépôts pétroliers) et Camtener (transport de conteneurs). L’année 2005 et le premier trimestre 2006 ont été riches en « appels à préqualification ».
Du côté de Camtel, une partie du chemin a déjà été parcourue : lancé le 29 juin, l’appel d’offres pour un « partenaire stratégique » arrive à échéance fin octobre. L’appel d’offres pour la Snec a suivi le 25 juillet. Les candidats à la reprise de l’activité d’exploitation ont jusqu’à la mi-novembre pour remettre leur copie. À ce jour, quatre prétendants se sont montrés intéressés : la Saur, la Société des eaux de Marseille, l’Onep (Office national de l’eau potable, marocain) et Veolia. La future entité coexistera avec Camwaters, société de patrimoine à caractère public, propriétaire du réseau. Pour Camair, l’identité du repreneur doit encore être confirmée. Enfin, deux dossiers sensibles, ceux de la CDC et de la Sodecoton, restent à boucler.