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Des bienfaits de la colonisation et de l’évangélisation

Par - Par Mohamed Talbi*
Mis à jour le 2 janvier 2007 à 17:46

Un droit vis-à-vis des races inférieures
« Oui, nous avons une politique d’expansion coloniale fondée sur un système. Cette politique coloniale repose sur une triple base : économique, humanitaire et politique
L’argument économique : les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux avantageux ; l’illustre Stuart Mill en a fait la démonstration La fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché
L’argument humanitaire : nous apportons la civilisation. M. Camille Pelletan dit : Qu’est-ce que c’est que cette civilisation qu’on impose à coups de canons ? Voilà, Messieurs, la thèse ; je n’hésite pas à dire que ce n’est pas de la politique, cela, ni de l’Histoire ; c’est de la métaphysique politique. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai. Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. » (Jules Ferry)1

Justification philosophique
« Quant au vieil esprit sémitique, il est de par sa nature antiphilosophique, antiscientifique [] L’islam est le dédain de la science [] C’est l’épouvantable simplicité de l’esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle, pour le mettre en face d’une tautologie : Dieu est Dieu L’avenir, Messieurs, est donc à l’Europe et à l’Europe seule. » (Ernest Renan)2
« Ce qui distingue en effet le musulman, c’est la haine de la science, c’est la persuasion que la recherche est inutile, frivole, presque impie, la science de la nature parce qu’elle est une concurrence faite à Dieu, la science historique parce que, s’appliquant à des temps antérieurs à l’islam, elle pourrait raviver d’anciennes erreurs. » (Ernest Renan)3

Justification théologique protestante : l’islam responsable du nazisme
« II est impossible de comprendre le national-socialisme sans le voir en fait comme un nouvel islam, ses mythes comme un nouvel Allah, et Hitler comme le prophète de ce nouvel Allah. » (Karl Barth, 1886-1968)4

Justification catholique : l’islam responsable de la Shoah
« J’ai demandé avec insistance au Saint-Siège, depuis le début de décembre, de faire une encyclique sur le devoir individuel d’obéir au dictamen de la conscience, car c’est le point vital du christianisme, car l’islamisme, qui a servi de modèle à Hitler, grâce au fils de la musulmane Hess, remplace la conscience individuelle par le devoir d’obéir aux ordres du Prophète ou de ses successeurs, aveuglément. » (cardinal Tisserant)5
Henri Tisot, qui nous rapporte cet extrait d’une lettre du cardinal Tisserant, était son assistant à Rome. Il nous dit aussi, avec un lyrisme débordant, toute la valeur qu’il accorde à cette lettre :
« Cette lettre, je la porte toujours sur moi entre les deux feuillets cartonneux de ma carte d’identité. Elle est extraordinaire. L’original se trouve dans les archives de l’archevêché de Paris. Je la considère comme le viatique de l’Église, ma mère, pour l’éternité, en ce qui concerne sa si troublante attitude lors de la guerre 1939-1940. C’est vous dire si cette lettre est d’une importance capitale. »6

Vive la colonisation !
Ce lyrique enthousiasme est celui de l’immense majorité des chrétiens, heureux de s’accrocher au moindre fétu pour soulager leur conscience de l’attitude, non troublante, mais honteuse, de l’Église vis-à-vis de la Shoah. Le nazisme : un nouvel islam ; Hitler : le prophète d’un nouvel Allah ; l’islam : le modèle de Hitler. En somme : le responsable de tous les maux de la terre est l’islam, religion du fanatisme et du terrorisme. Sa Sainteté Benoît XVI dixit, par une allusion à peine voilée.
Bref, la colonisation se justifie sur tous les plans : notre islam fanatique, terroriste, fermé « à toute idée délicate », souille tous ceux qui l’approchent ; nous sommes congénitalement inférieurs, malfaisants et imperméables à la civilisation.
L’Algérie en offre le meilleur exemple et la meilleure preuve. De 1830 à 1962, on a tout fait pour la civiliser. En vain et peine perdue. Pendant cent trente-deux ans, ce ne fut que terrorisme et meurtres perpétrés par les terroristes algériens, les fellagas de sinistre réputation. Il faut relire la presse de l’époque et se souvenir des déclarations des hommes politiques. Durant la dernière vague de terrorisme (1956-1962), la plus sauvage et la plus meurtrière, la nation civilisatrice n’épargna aucun effort, aucun sacrifice à ses enfants, par humanisme, pour débarrasser l’Algérie des horreurs des fellagas. Elle en tua bien un million. Elle ne pouvait faire plus. Finalement, de guerre lasse, elle abandonna l’Algérie à son triste sort. La facture « humanitaire » devenait trop lourde !

Une occasion historique perdue
« On échappe difficilement à l’islam, à cause des pressions de la communauté (oumma) et de l’absence de liberté individuelle. Pourtant, en Algérie par exemple, la France avait une occasion historique de restaurer la foi chrétienne d’antan. Après le départ d’Abdelkader et de ses compagnons – d’ailleurs spoliés par l’administration coloniale – pour l’exil du Proche-Orient, les Algériens, islamisés en surface, dépossédés de leurs élites intellectuelles et religieuses, pouvaient être convertis. À condition d’être sous-tendue par un authentique esprit de croisade, c’est-à-dire par une intention libératrice, la colonisation était justifiée. Elle a perdu toute légitimité à partir du moment où seuls des intérêts économiques ont prévalu. Au début, il y a eu de vrais missionnaires, pour lesquels Dieu devait être le premier servi et qui évangélisaient les musulmans. Mais, par anticléricalisme, la République les a empêchés de poursuivre leur mission. » (Simon-Pierre Kerboua, converti)7
En août 2005, à Cologne, Sa Sainteté Benoît XVI invita les musulmans à lutter contre le terrorisme et se fit ainsi sergent recruteur de harkis pour Bush ; quelques jours après, il reçut Oriana Fallaci, dont les ouvrages les plus salissants pour l’islam se vendent par millions d’exemplaires ; il béatifia le vicomte Charles de Foucauld, soldat du Christ et de la colonisation ; et dans son message du Nouvel An, il lança un appel pathétique, urbi et orbi, pour lutter contre le fanatisme et le terrorisme religieux. Je vous laisse deviner qui était visé !
Enfin, le 12 septembre 2006, il inaugura officiellement le « Dialogue de vérité ». Il prit pour cible, sans nous offenser et en tout respect, notre Prophète, il va de soi pour le christianisme un imposteur qui a fabriqué un Coran de violence. Premier vicaire du Christ rédempteur qui a apporté l’Amour et la Charité, il trace la voie à tous les missionnaires pour donner un coup d’accélérateur à une évangélisation en bon train de marche. Désormais, seul le Dialogue de vérité sera possible. Il faut nous y faire. Ce sera d’ailleurs le titre de mon prochain ouvrage.
Il faut poursuivre l’uvre charitable de la colonisation. En Irak, en Palestine, en Iran, le fanatisme religieux et terroriste de l’islam continue à menacer l’humanité. Pax vobiscum urbi et orbi ! Amen ! Ainsi soit-il.

* Historien et penseur musulman tunisien.

1. Jules Ferry, discours du 28 juillet 1885 à la Chambres des députés, Journal officiel, pp. 1062 et 1065.
2. De la part des peuples sémitiques dans l’histoire de la civilisation (discours d’ouverture au Collège de France), Paris, Michel Lévy Frères, 1862, p. 17.
3. L’Islamisme et la science, tome 1, p. 956, cité par Jocelyne Cesari, Faut-il avoir peur de l’islam , Paris, Presses de Sciences-Po, 1997, pp. 21-22.
4. The Church and the Political Problem of our Day, Londres, Hodder and Stoughton, 1939, p. 40.
5. Lettre datée du 11 juin 1940, et citée par Henri Tisot, La Rencontre, Paris, Presses de la Renaissance, 1998, p. 277.
6. Op. cit., p. 276.
7. Vivre avec l’Islam ? Réflexions chrétiennes sur la religion de Mahomet, dirigé par Annie Laurent, Paris, Saint-Paul, 1996, p. 271.