Finance

Budget : l’Angola prépare son retour sur les marchés financiers

Joao Lourenço, à Lisbonne, le 22 novembre 2018. © Armando Franca/AP/SIPA

Après avoir levé 3,5 milliards de dollars en mai 2018, Luanda devrait à nouveau solliciter les marchés internationaux en 2019, a déclaré la secrétaire d'État au Trésor, Vera Daves.

Le 7 décembre dernier, le conseil d’administration du FMI a approuvé un prêt de 3,7 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) sur trois ans à l’Angola, dont 990 millions ont été immédiatement décaissés. Mais le pays, dont la dette augmente et la monnaie s’effondre, estime encore ses besoins en financements à 3,5 milliards de kwanza (11,32 milliards de dollars) pour l’année 2019, rapporte Reuters, qui a appris de la secrétaire d’État au Trésor, Vera Daves, que Luanda comptait recourir aux marchés internationaux pour obtenir une partie de cet argent.

Ce serait la troisième fois depuis l’arrivée au pouvoir de João Lourenço, en septembre 2017, que le pays se tournerait vers les marchés financiers. En mai 2018, Luanda avait souscrit simultanément deux eurobonds : l’un, d’une maturité de dix ans, pour un montant de 1,75 milliard de dollars (moyennant un rendement de 8,25 %), et l’autre d’une maturité de trente ans, également pour 1,75 milliard de dollars, avec un taux de 9,375 %. Cette fois-ci, la secrétaire d’État a confié tabler sur une nouvelle obligation à dix ans.

Le secteur bancaire pour ouvrir le bal des privatisations

Le président angolais, qui a fait de l’ouverture de son pays à l’international et de la lutte contre la corruption ses principaux chevaux de bataille, doit composer avec la faiblesse des cours du brut, dont la moyenne ne devrait pas excéder les 68 dollars en 2019.

Selon Reuters, « le gouvernement pourrait également avoir besoin de davantage de compressions budgétaires », bien que Vera Daves ait déclaré que « les dépenses consacrées à l’éducation et à la santé, ainsi que les principaux projets d’infrastructure, doivent être protégées ».


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Pour faire face, le pays devrait entamer un vaste programme de privatisations sur trois ans, sur les conseils du FMI. Si des sociétés pétrolières et minières, des opérateurs télécoms ou encore des entreprises agricoles sont concernés, le processus devrait commencer par le secteur bancaire, a précisé la secrétaire d’État.

Enfin, et alors que Luanda a abandonné début 2018 l’ancrage du kwanza au dollar, provoquant une chute de plus de 40 % de la monnaie angolaise, la Banque centrale pourrait modifier la loi sur les changes au premier semestre.

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