Politique

Présidentielle en Mauritanie : Aziz évoque la candidature du général Ghazouani

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ould El Ghazouani. © DR / AMI

Mohamed Ould Abdelaziz a avancé le nom du général Ghazouani, ministre de la Défense, comme éventuel candidat de la majorité présidentielle à l'élection présidentielle de juin 2019. Interrogé par Jeune Afrique, le général confirme.

Le président Mohamed Ould Abdelaziz l’a évoqué devant plusieurs députés, lundi : il apportera son soutien au général Ghazouani en tant que candidat de la majorité à la présidentielle du mois de juin prochain. « Le président a effectivement entretenu certaines personnes à ce sujet », a confirmé à Jeune Afrique le général.

Bien qu’il rechignait à entrer en lice, le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ould El Ghazouani était le favori des parieurs qui s’attendait à sa désignation comme successeur du chef de l’État sortant, le 5 mars, à l’occasion du congrès du parti majoritaire l’Union pour la République (UPR). À 62 ans et après avoir gravi tous les échelons de l’armée jusqu’aux postes de chef d’état-major puis de ministre de la Défense, il remplit toutes les conditions requises.


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Frères d’armes

Les deux hommes se sont liés d’amitié en 1978 à l’Académie royal militaire de Meknès au Maroc. Ils ont réussi ensemble deux coups d’État, en 2005 et en 2008. Entre ces deux frères d’armes, « il n’existe pas l’épaisseur d’un papier à cigarette », assure un proche du président mauritanien.

En 2012, lors de l’hospitalisation en France de Mohamed Ould Abdelaziz, officiellement après avoir été blessé par balle à la suite de la méprise d’un jeune lieutenant, c’est le général Ghazouani qui a assuré la réalité du pouvoir à Nouakchott, avant de le remettre au président à son retour au pays.

Toujours ensemble, ils ont bâti une petite armée rustique et mobile qui a contribué à éradiquer le terrorisme islamique, actif en Mauritanie jusqu’en 2011, et qui s’affirme, avec l’armée tchadienne, comme la plus efficace du G5 Sahel, notamment grâce à ses services de renseignement.

Pas d’ennemis déclarés

Ghazouani est adoré de ses hommes, dont il a considérablement amélioré les conditions de formation et de vie et dont il prend grand soin, jusqu’à leur rendre systématiquement visite à l’hôpital lorsqu’ils sont blessés en opération.


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Il est également bien vu des militaires français, qui ont formé ses hommes à la coordination entre armée de terre et armée de l’air lors des attaques au sol. Il est également en très bon termes avec le Pentagone. Il a notamment obtenu des Américains la mise à disposition d’équipement de détection spéciaux, théoriquement interdits à l’exportation.

Fils d’un chef spirituel de la tribu maraboutique des Ideiboussat, Ghazouani n’a guère d’ennemis déclarés. Même dans le principal parti d’opposition, le parti d’obédience islamiste Tawassoul, on parle de lui avec respect. C’est peut-être parmi les caciques du parti présidentiel qu’il compte quelques opposants redoutant de perdre leur influence avec son accession à la présidence.

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