Défense

Embargo sur les armes en Centrafrique : le Premier ministre dénonce un « deux poids deux mesures »

Un cadet de l'armée centrafricaine, en 2014. Depuis 2013, l'ONU a imposé au pays un embargo sur les armes et munitions. (Image d'archive) © Jerome Delay/AP/SIPA

Le Premier ministre centrafricain, Simplice Matthieu Sarandji, a participé à une manifestation rassemblant quelque 3 000 personnes à Bangui pour réclamer la levée de l'embargo de l'ONU sur les armes. L'éventuel renouvellement de cet embargo, en vigueur depuis 2013, sera étudié par le Conseil de sécurité jeudi.

« Il y a un verrou qui mérite d’être levé, c’est l’embargo qui frappe nos forces de défense et de sécurité », a lancé le Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji, sur un podium de la place des Martyrs, devant le Stade de Bangui, où environ 3 000 personnes ont manifesté pour réclamer la levée de l’embargo sur les armes imposé depuis 2013 par les Nations unies.

« Le gouvernement respecte l’embargo, alors que les groupes armés reçoivent des armes. Le peuple centrafricain ne peut pas comprendre cette loi de deux poids deux mesures », a-t-il ajouté, sous les acclamations de la foule.

Cette manifestation, dont les images ont été relayées par des comptes gouvernementaux sur les réseaux sociaux, a été organisée alors même qu’à Khartoum se déroule un nouveau round de négociations entre les belligérants.


>>> À LIRE – Centrafrique : un accord de paix peut-il sortir des négociations de Khartoum ?


Le renouvellement de l’embargo devant le Conseil de sécurité

L’ONU interdit à la Centrafrique de se procurer des armes et des munitions depuis 2013. Les autorités du pays ont à plusieurs reprises demandé la levée de l’embargo, en vain. Et cette manifestation intervient alors que la question de son renouvellement sera de nouveau à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU, jeudi 31 janvier.

La Russie et la France ont obtenu depuis 2017 des exemptions, leur permettant de livrer des armes aux forces de sécurité centrafricaines dans le cadre, notamment, de la formation de l’armée. Une demande chinoise similaire, à laquelle se sont opposé trois des membres du Conseil de sécurité, n’a pour l’heure pas abouti.

Mais un rapport de l’ONU notait en 2018 que « l’acquisition récente d’armements par le gouvernement a incité les factions [de l’ex-rébellion de la Séléka] à opérer un réarmement ».

Membre du Conseil de sécurité, la France a été ciblée lundi par plusieurs manifestants comme étant responsable du maintien de l’embargo. « On a des militaires qui ne travaillent plus à cause de l’embargo, c’est à cause de la France », a ainsi accusé Pierre, l’un d’entre-eux, tandis que plusieurs pancartes incriminaient Paris. « Seule l’armée peut assurer la sécurité de la RCA. On veut que la Centrafrique retrouve sa souveraineté, on veut la levée totale de l’embargo », selon Fiacre, un autre manifestant.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte