Entreprises & marchés

Entre e-commerce et télévision, le sud-africain Naspers à la croisée des chemins

Bourse de Johannesburg, image d'illustration. © Denis farrell/AP/SIPA

Initialement groupe de médias, propriétaire notamment de Multichoice (DStv, M-Net et SuperSport), l'entreprise sud-africaine a annoncé le 25 janvier le rachat total d'Avito, le leader russe des sites de petites annonces. Une acquisition qui pousse le groupe à séparer ses activités en deux entités distinctes.

Géant de la télévision par abonnement sur le continent, le sud-africain Naspers a commencé en 2013 à investir dans Avito, la plus grande plate-forme de petites annonces généralistes de Russie, dont il a acquis 17,4 % des parts. Une participation qu’il a portée à 67,9 % en octobre 2015, moyennant 1,2 milliard de dollars, puis à 100 %, ce 25 janvier, via un nouveau deal à 1,1 milliard de dollars.

Quelques jours avant l’annonce de la finalisation de cette transaction, le 21 janvier, Naspers avait annoncé dans un communiqué sa décision de dissocier les actions de MultiChoice Group Limited, sa filiale dédiée à la télévision, de celles de Naspers et d’inscrire Multichoice Group Limited à la bourse de Johannesburg, où la filiale disposera désormais de sa propre cotation. L’opération devrait être bouclée le 4 mars prochain.

« Plus de raison stratégique » de mener des activités différentes sous une même entité

« Naspers a évolué ces dernières années en deux secteurs d’activité distincts : une entreprise Internet mondiale à forte croissance et à vocation internationale ; et une entreprise de divertissement vidéo africaine génératrice de trésorerie. Dans le cadre de son examen continu des activités commerciales de Naspers, le conseil d’administration de Naspers a déterminé que, compte tenu de leurs trajectoires divergentes, il n’y a plus de raison stratégique de maintenir les deux secteurs d’activité ensemble, ni les synergies entre les deux métiers. Cela reflète également la tendance continue du groupe Naspers à devenir une société Internet grand public », précise le communiqué du groupe, qui explique que le dégroupage de la cotation va s’accompagner d’une restructuration en profondeur de l’entreprise, afin de séparer les deux entités.

MultiChoice, l’un des fournisseurs de chaînes de télévision payantes connaissant la plus forte croissance au monde, était présent au 30 septembre 2018 dans 13,9 millions de foyers et 50 pays sur plusieurs plate-formes, y compris la télévision numérique par satellite et la télévision numérique terrestre, précise le communiqué selon lequel le chiffre d’affaires issu de cette activité était pour l’exercice clos le 31 mars 2018 de 47,452 milliards de rands (3,05 milliards d’euros). Le groupe annonce en outre des participations supplémentaires dans Multichoice de Phuthuma Nathi Investments (RF) et Phuthuma Nathi Investments 2 ; deux fonds chargés de développer l’actionnariat des Noirs dans l’économie sud-africaine.

Promesses d’investissements

De son côté, Naspers, qui possède 31,2 % de Tencent Holdings Limited, le principal fournisseur de services de télécommunication Internet et mobiles en Chine, 28,4 % de Mail.ru Group Limited, l’un des deux principaux et ses plate-formes de réseaux sociaux en Russie, 43,1% de MakeMyTrip Limited, l’un des plus importants groupes de voyage en ligne en Inde, ou encore 22,8 % de Delivery Hero GmbH, leader mondial des commandes d’aliments en ligne, « concentrera ses efforts sur la rationalisation des technologies et l’exploitation de l’intelligence artificielle dans ses activités de commerce en ligne et de petites annonces », indique le groupe.

« En outre, Naspers continuera d’opérer et d’investir dans plusieurs sociétés en Afrique du Sud, en particulier dans ses principaux domaines d’activité, à savoir l’Internet grand public et le commerce électronique », conclut l’entreprise, qui détient notamment des participations dans Media24, Takealot, M. D, OLX, Property24, AutoTrader SA, Frontier Car Group ou encore PayU.

Le groupe a investi 6,9 milliards de rands au cours des trois dernières années dans le développement de ses activités existantes en Afrique du Sud et dans ses activités de fusions et acquisitions et s’est engagé, lors de la conférence sur l’investissement en Afrique du Sud, en octobre 2018, à investir 4,6 milliards de rands supplémentaires dans des entreprises technologiques nouvelles et existantes en Afrique du Sud.

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