Politique

Maroc : députée dévoilée, Hamieddine, pension de retraite… pourquoi Benkirane multiplie les sorties

Abdelilah Benkirane, chef du PJD, avait été reconduit comme chef du gouvernement le 10 octobre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Depuis plusieurs semaines, l'ancien chef de gouvernement Abdelilah Benkirane multiplie les sorties médiatiques au fur et à mesure que ses fidèles du PJD se retrouvent mis à l'index, n'hésitant pas à se montrer virulent. Explications.

« Rendez-vous ce soir à 20h pour un live Facebook. » Abdelilah Benkirane, qui un temps se faisait un plaisir de convoquer les télévisions nationales pour des interviews, désespérément hilarantes tant sur la forme que le fond, en est réduit désormais à jouer le blogueur politique sur les réseaux sociaux. Il n’empêche que les sorties du secrétaire général déchu du Parti de la justice et du développement (PJD) restent autant suivies que par le passé, voire encore plus.


>>> À LIRE – Maroc : comment Abdelilah Benkirane a perdu la partie au PJD


Sa dernière apparition en direct sur la toile, le 21 janvier, avait pour sujet essentiel sa pension d’ex-chef de gouvernement – mis à la retraite forcée après avoir échoué à former un gouvernement, en mars 2017. Abdelilah Benkirane a confirmé ainsi le montant de sa pension exceptionnelle de 90 000 dirhams (près de 8 300 euros) qui avait fuité quelques jours auparavant, alors que l’ancien leader du PJD se plaignait dans des termes à peine voilés de sa paupérisation suite à son mandat gouvernemental. Sauf que Benkirane se défend de n’avoir « rien demandé », et affirme que cette pension relevait d’une « volonté royale ».

Réponse à une « campagne orchestrée » ?

Un aveu qui en a surpris plus d’un, même parmi les supporteurs de l’ex-chef du gouvernement, qui a précédemment annoncé son retour sous les feux des projecteurs, alors qu’il se faisait jusque-là discret. Pour certains, l’homme a été contraint de sortir du bois après que ses lieutenants – qui portaient ses idées et défendaient sa ligne politique au sein du parti – se sont retrouvés au centre de polémiques et d’affaires judiciaires.

Pour l’heure, l’ancien chef de gouvernement ne sort pas l’artillerie lourde et se contente de défricher le terrain

Suite aux poursuites contre Abdelali Hamieddine – pour une affaire de meurtre d’un étudiant pour laquelle il avait déjà été condamné en 1992 – , l’ex-chef de file islamiste est allé jusqu’à accompagner son poulain à Fès pour la première audience de son procès. Quant au cas de la députée islamiste Amina Maelainine, qui avait suscité la polémique après avoir été identifiée sans son voile lors d’un voyage à Paris, Abdelilah Benkirane a multiplié les sorties pour crier à « la campagne orchestrée » contre celle qui lui est toujours restée fidèle.

À chacune de ses apparitions, l’ancien chef de gouvernement s’adonne à son exercice favori : tirer à boulets rouges sur ses rivaux politiques. Mais pour l’heure, il ne sort pas l’artillerie lourde et se contente de défricher le terrain. Exemple : quand il s’attaque au Rassemblement national des indépendants (RNI), il prend la peine de ménager relativement le président du parti Aziz Akhannouch, ciblant plutôt le ministre de la Jeunesse et des sports, Rachid Talbi Alami, en le qualifiant de « minable ». Sans doute un tour de chauffe avant une montée en puissance d’ici la saison pré-électorale. Le « Benky Show » n’en est probablement qu’à ses premiers épisodes…

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