Société

Tunisie : les parents manifestent contre la grève des notes dans les lycées

Une manifestation en Tunisie contre le gouvernement et la gestion de l'économie, en 2013 (photo d'illustration). © Amine Landoulsi/AP/SIPA

Environ 200 parents d'élèves ont manifesté jeudi à Tunis contre la grève des notes observée dans la plupart des lycées tunisiens, et appelé le gouvernement et le syndicat UGTT à épargner leurs enfants dans le bras de fer dans lequel ils sont engagés.

« Yakoubi, dégage », ont scandé des lycéens et des parents devant le siège de l’UGTT à Tunis, à l’adresse de Lassad Yakoubi, secrétaire général du syndicat chargé de l’enseignement secondaire. Cette protestation intervient alors que des lycéens ont déjà organisé des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs villes de Tunisie pour réclamer que les cours reprennent normalement.

Car après deux grèves massives lancées par la puissante centrale syndicale UGTT dans le secteur public, une troisième mobilisation est prévue les 20 et 21 février. Objectif : obtenir le maintien du pouvoir d’achat des fonctionnaires face à une forte inflation, mais aussi réclamer des primes pour les enseignants et l’application d’accords passés avec le gouvernement.

Crainte d’une année blanche

Ces mobilisations à répétition ont fortement perturbé l’année scolaire. La plupart des enseignants n’ont en effet pas organisé les examens du premier trimestre ni donné de bulletins de notes pour mettre la pression sur le gouvernement et obtenir une reprise des négociations.

Mais à l’approche des examens du deuxième trimestre, les parents d’élèves craignent une « année blanche », sans aucune note. « Un ministère et un syndicat têtus, pas d’examens en vue, des enfants dans la rue, l’enseignement public foutu, un gouvernement ni vu, ni connu », pouvait-on notamment lire sur une pancarte lors de la manifestation des parents jeudi 24 janvier.

« Le premier trimestre est fichu »

Hela Ahsseine, une manifestante, enrageait de « faire étudier (son) fils tous les matins depuis le début de l’année, tout ça pour qu’il perde une année entière de sa vie parce qu’ils (syndicat et gouvernement, NDLR) ne se sont pas mis d’accord. » « Le premier trimestre est fichu mais nous attendons toujours de voir s’il y a de l’espoir » pour la suite, souligne Saadia Hochi, mère d’un lycéen.

Pour l’heure, les négociations étaient au point mort entre gouvernement et syndicat. L’UGTT reproche également aux autorités de céder aux directives du Fonds monétaire international, qui a accordé en 2016 un prêt de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans à la Tunisie, et préconise une réduction du poids de la fonction publique.

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