Entreprises & marchés

Addoha, Lesieur Cristal, Saham… Ces entreprises pour lesquelles le fisc marocain a sévi en 2018

Siège d'Addoha à Casablanca. © Hassan Ouazzani pour JA

Pour renflouer les caisses de l’État, la Direction générale des impôts marocaine (DGI) a multiplié le nombre des contrôles fiscaux auprès des plus grands groupes marocains.

Depuis l’arrivée de Omar Faraj à la direction générale de la DGI, en 2015, le nombre de visites des agents du fisc au sein des grandes entreprises du Royaume a énormément progressé, avec pour conséquence logique une amélioration sensible des recettes fiscales : en 2018, le fisc a ainsi vu ses chiffres progresser de 4,5 % par rapport à l’exercice précédent, pour atteindre près de 150 milliards de dirhams (13,7 milliards d’euros).

Les comptes du grand groupe immobilier Addoha (7,12 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2016) et de quelques-unes de ses filiales ont notamment été fouillés par les agents du fisc qui y ont trouvé quelques irrégularités. Le contrôle fiscal s’est intéressé aux versements de la société et de ses filiales au titre de l’impôt sur les sociétés, la TVA et l’impôt sur le revenu des exercices allant de 2014 à 2017.

La DGI a par la suite signé un accord avec les dirigeants d’Addoha pour le paiement d’un redressement de 126 millions de dirhams. Ce qui va provoquer une baisse importante de ses résultats relatifs à 2018. Le marché boursier n’a pas beaucoup apprécié cette nouvelle et l’action n’a pas cessé de baisser (-58,48 % depuis le début de l’année 2018).

Pour l’industriel Lesieur Cristal aussi, la pilule est amère : la facture de leader marocain de l’huile de table (qui capte environ 80 % du marché du Royaume), qui affichait en 2016, dans son dernier rapport annuel publié, un résultat net de 172 millions de dirhams, s’élève à 94 millions de dirhams au titre des quatre derniers exercices. Le conseil d’administration du groupe qui s’est tenu dans les derniers jours du mois de décembre 2018 a « pris acte » du protocole d’accord conclu par la DGI. L’entreprise et ses actionnaires s’attendent à ce que ce redressement impacte grandement les résultat net 2018.

74 millions de dirhams pour  la Société des boissons du Maroc

Troisième du palmarès, la Société des boissons du Maroc (ex-Brasseries du Maroc) a été une autre cible des contrôles fiscaux, qui ont concerné ses exercices 2014, 2015 et 2016. Au terme de cette inspection, un accord a été conclu entre la DGI et l’entreprise pour le paiement d’un montant global de 90 millions de dirhams. Une charge exceptionnelle qui va peser sur l’entreprise cotée à la Bourse de Casablanca : ses dirigeants prévoient un recul de l’ordre de 74 millions de dirhams pour les résultats relatifs à l’année 2018.

De son côté, et à peine quelques semaines après avoir pris le contrôle de Saham Assurance, Sanlam a dû gérer un redressement fiscal sur sa nouvelle filiale. Après ce contrôle, qui s’est déroulé courant les derniers jours de 2018 et concernait les exercices 2016 et 2017, l’assureur devra payer un montant de 60 millions de dirhams.

Parmi les autres sociétés touchées par cette vague de redressements, notons la société de crédit Salafin, qui a signé un protocole d’accord avec la DGI sur un règlement définitif et irrévocable de 40 millions de dirhams et l’acteur du BTP Jet Contractors, pour qui le deal s’élève à 14 millions de dirhams.

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