Elections

Présidentielle en Algérie : quand les déclarations de candidature tournent à la farce politique

"Je ne mange que des steaks. (...) Président de l’Algérie, tu manges des steaks", a déclaré le candidat indépendant Salah Karmache.

"Je ne mange que des steaks. (...) Président de l’Algérie, tu manges des steaks", a déclaré le candidat indépendant Salah Karmache. © YouTube/Elbilad Tv

Outre les déclarations d'intention de sérieux prétendants, comme l'ex-chef de gouvernement Ali Benflis ou le général Ali Ghediri, l’opération de retrait des formulaires de candidature à l'élection présidentielle du 18 avril tourne depuis quelques jours au grand cirque, avec des déclarations toutes plus farfelues les unes que les autres.

À peine le corps électoral convoqué pour le scrutin présidentiel du jeudi 18 avril, le siège du ministère de l’Intérieur devient une ruche pour les prétendants qui viennent retirer les formulaires de souscription individuelle. Mardi 22 janvier, ce département avait enregistré pas moins de 61 lettres d’intention de candidature – onze émanant de responsables de partis politiques agréés, cinquante de postulants indépendants. Et nul doute que ce chiffre connaîtra une hausse substantielle dans les prochains jours.

Le retrait des formulaires d’inscription est le prélude d’un long parcours du combattant pour la collecte des parrainages. Selon la loi électorale, le candidat doit recueillir les signatures de 600 élus répartis dans 25 wilayas (départements), ou bien 60 000 signatures d’électeurs recueillies à travers au moins 25 départements, avec un nombre minimal de signatures exigées pour chacune des wilayas qui ne saurait être inférieur à 1 500.


>>> À LIRE – Algérie : comment Ali Benflis se prépare à l’élection présidentielle du 18 avril


Les prétendants doivent déposer, au plus tard le 5 mars, leurs dossiers complets devant le Conseil constitutionnel. C’est à cette dernière institution qu’il revient de valider ou d’invalider les candidatures à l’élection présidentielle – en 2014, sur les 12 aspirants à la candidature, le Conseil n’en avait retenu que six.

En attendant, l’opération de retrait des formulaires tourne au grand cirque. Propos décousus, déclarations saugrenues, promesses farfelues, engagements risibles, formules indigentes… les prétendants se lancent dans un concours qui ressemble davantage au bêtisier de fin d’année qu’à une élection à la magistrature suprême. Sur les réseaux sociaux, les Algériens sont partagés entre rire, moquerie, consternation et affliction, devant ce spectacle qui leur rappelle le téléfilm « Carnaval fi dachra (Carnaval dans le douar) », une satire politique sur les promesses électorales d’un candidat à une marie d’un village du pays profond. Florilège.

NB : les traductions ont été assurées par l’auteur de ces lignes.

• Assira Nassira : « Mon niveau est moyen »

« Comptant sur Dieu le Tout-puissant, je suis venue déposer ma candidature. Ne vous étonnez pas, mon niveau est moyen. Mais j’ai l’habitude de travailler indirectement avec les politiques. Il y a des choses avec lesquelles il faut s’adresser au peuple. Mon programme ? J’aime le peuple et le pays et rien d’autre ne m’intéresse. Je suis avec le démuni. Comptons sur Dieu et plus tard on en parlera. »

• Salah Karmache : « Je ne mange que des steaks »

« Mon programme est la construction de l’État et le développement des réformes pour le peuple. Ahmed Ouyahia ? Celui qui est contre moi, je serai contre lui direct. Celui qui me ferme la porte, je lui fermerai les portes (…) Je ne mange que des steaks. Que des steaks. Président de l’Algérie, tu manges des steaks. Avec l’aide de Dieu, on fera confiance au peuple et le peuple nous fera confiance. Je serai élu avec 100 % des voix. »

• Mustapha Moula : « Améliorer un méta-processeur vide »

« J’ai constaté que je suis capable d’assumer des responsabilités, et la réussite viendra d’abord de Dieu, ensuite du peuple algérien. Ma candidature est le fruit d’un effort soutenu dans le domaine de l’informatique et le développement des programmes et la tentative d’améliorer un processeur et un méta-processeur vide. (…) Nous allons exploiter ce que nous avons, et en même temps développer l’industrie. J’ai déjà commencé à fabriquer un avion naturel avec des ailes en terre. (…) Nous devons être des leaders de l’informatique. Y a pas que les Américains qui sont leaders de l’informatique. Nous allons avoir un poids dans ce monde. Mon programme ? Je suis moi-même le programme. »

 

• Ayache Hefaïfa : « Je suis parmi les dix premiers »

« Mon programme est, en premier et dernier lieu, la continuité de l’État. J’ai fait des changements dans mon programme de candidat en 2009 et en 2014. Il y a des changements parce qu’entre le troisième et le quatrième mandat, il y a un cinquième mandat. Maintenant, le changement est d’améliorer la société algérienne pour que le citoyen ait confiance. Il ne faut pas qu’il voit Hefaïfa comme un commerçant, mais comment Hefaïfa peut transmettre des messages. Je ne peux pas vous dire une chose, mais ce que je peux vous dire est que je suis classé parmi les dix premiers candidats. »

 

• Chafik Senhadji : « Donner une démocratie stratégique »

« Notre équipe a préparé un programme pour libérer les énergies, dénoncer l’exclusion, intégrer toutes les catégories dans l’innovation pour donner une démocratie stratégique et intelligente. »

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